mardi 28 août 2007

Preview 2007 : AFC Ouest

Année après année, l’AFC Ouest demeure une des divisions les plus intéressantes de la NFL. Il y a souvent deux de ses équipes qui se retrouvent dans les éliminatoires et les rivalités sont fortes entre pas mal toutes les équipes. Cette intensité est probablement due au fait que ces équipes-là s’affrontent régulièrement depuis l’époque de l’AFL au début des années 60. En honneur de ce fait intéressant et pour faire mon smatte, les logos utilisés dans ce preview seront les logos vintages de l’AFL qu’on a pas vus souvent.

La division risque d’être moins compétitive cette année car à première vue les Chargers ont l’air bien plus puissants que leurs rivaux mais on ne sait jamais, that’s why they play the games…


Les Broncos de Denver

Mike Shanahan commence sa 13e saison à la tête des Broncos et son bilan est impressionnant : deux Super Bowls et sept participations aux séries. Malgré tout, les critiques commencent à se faire entendre depuis l’an dernier. La décision de remplacer Jake Plummer par Jay Cutler a de toute évidence coûté une place en séries à l’équipe et on peut imaginer que cet inconvénient a semé le doute chez les troupes et les partisans. Les Broncos commencent donc la saison avec un QB qui demeure inexpérimenté malgré ses 5 départs de l’an dernier. C’est sûr que Plummer était pas le gars le plus constant mais il avait de l’expérience.

On s’attend à ce que les Broncos gardent l’accent sur le jeu au sol et cette année ce sera un combo de Travis «
Super Daddy» Henry et Mike Bell qui devrait effectuer le gros du travail. Shanahan continue à rejeter toute notion de continuité chez ses RBs et on peut imaginer qu’un jour ca va lui sauter dans la face mais ca ne devrait pas arriver cette saison. Henry est un solide (et fertile !!) RB qui devrait bénéficier de l’excellente et controversée stratégie de « zone-blocking » de la ligne offensive. Cette ligne accueillera deux nouveaux partants cette saison le RG Montrae Holland (ex-Saint) et le RT Adam Meadows (ex-Colt). Les deux sont des vétérans qui ont sûrement été choisis pour leur capacité à exécuter le style des Broncos alors ca devrait bien aller.

Les positions de 2e et 3e WRs risquent d’être les points sensibles de l’attaque des Broncos cette saison. Javon Walker est un bon #1 mais les autres spots seront convoités pas une collection de points d’interrogation : Rod Smith transportait un piano sur son dos l’an passé, Brandon Stokley revient d’une grave blessure, David Kircus
a des problèmes légaux (et il est blanc), Brandon Marshall est déjà blessé, David Terrell est une couille et Quincy Morgan est Quincy Morgan. Javon va voir du double coverage en masse.

Les Broncos ont ajouté l’ancien des Pats Daniel Graham à leur collection de tight ends déjà bien remplie par Stephen Alexander et Tony Scheffler, qui a captés 12 passes et 4 touchés lors des cinq départs de Cutler l’an dernier. Ils appellent ca de la profondeur, en langage d’analyste.

En début de saison l’an dernier la défensive des Broncos était la meilleure de la NFL et ils étaient en voie de connaitre une saison historique en terme de points alloués. La semaine 8 s’avéra cependant un point tournant : forts d’une fiche de 5-1 et d’une moyenne de 7.3 points alloués par match, les Broncos ont perdu 34-31 à domicile contre les Colts et la défensive semble avoir perdu sa confiance. Résultat : les Gros Chevaux ont fini la saison 4-6 (26.1 points alloués par match), ont raté les séries et ont congédié le brièvement génial coordonateur défensif Larry Coyer. C’est le vieux routier Jim Bates (Packers, Dolphins) qui le remplace et il aura un beau défi sur les bras. Outre le duo de CB composé de Champ Bailey et de l’ancien Lion Dré Bly, le reste de la défensive est bien ordinaire : John Lynch vieillit, à part Ian Gold les LBs font pitié et surtout, la ligne défensive est en constante reconstruction et vient de perdre Ebenezer Ekuban pour l’année. Les quatre premiers choix de l’équipe en 2007 ont été des joueurs de ligne offensive et au moment d’écrire ces lignes, aucun n’est considéré comme un partant potentiel.

Il reste de bons éléments chez les Broncos et on ne peut jamais vraiment les éliminer d’office mais je ne les vois pas comme des aspirants aux grands honneurs et à peine comme un wild card.



Les Chiefs de Kansas City

Dans le sport professionnel, il peut arriver qu’un équipe connaisse un succès inattendu, faussant l’évaluation du personnel et causant beaucoup de tort à l’organisation à long terme. À mon avis, c’est qui arrive présentement aux Chiefs. L’an dernier, ils étaient médiocres à tous les points de vue : 16e pour les verges accumulées en attaque, 15e pour les points marqués, 16e pour les verges allouées et 11e pour les points alloués. Ils ont malgré tout réussi à se faufiler en séries, leur donnant l’honneur d’avoir l’air fou contre les Colts. Ils reviennent donc cette année avec une équipe semblable à l’an dernier mais avec une ligne offensive amputée de l’excellent garde Will Shields, une situation nébuleuse au poste de QB et peu d’améliorations en défensive. Ca regarde moyen.

Une chance que
Lucien Bouchard a réussi dans ses tentatives de conciliation et que Larry Johnson a signé son contrat car sans lui, on aurait parlé d’une équipe avec absolument aucune attaque. Au poste de quart, ils ont choisi d’y aller avec Damon Huard, un lifetime backup qui a quand même bien fait l’an dernier, aux dépens de Brodie Croyle, un joueur non-repêché que personne ne semble considérer comme un espoir valable. Ca se pourrait qu’un des deux explose et devienne une star mais en étant réaliste, le mieux que les Chiefs peuvent espérer c’est d’avoir un « game manager » compétent qui ne fait pas trop d’erreurs. Une sorte de Drabe Johnson Lite.

De toute façon, même Peyton Manning aurait de la difficulté à tirer profit du groupe de receveurs de troisième ordre qu’on retrouve à KC : Sammy Parker, Eddie Kennison et Rod Gardner sont les vétérans et le premier choix de l’équipe Dwayne Bowe ne fait pas l’unanimité non plus. Une chance qu’il y a le TE Tony Gonzalez pour aider mais il ne peut tout faire tout seul.

Il faut donc assumer que Larry Johnson devra porter le ballon plus de 350 fois encore cette saison. LJ et l’organisation des Chiefs sont mieux de profiter de tous ces carries car ca risque d’être la dernière fois qu’il peut être le RB principal, une blessure devrait subvenir d’un moment à l’autre.

Défensivement, les Chiefs devraient être moyens. Ils ont ajouté des joueurs comme le DT Alfonso Boone et les LBs Donnie Edwards et Napoleon Harris. Ces trois gars sont ce qu’on pourrait qualifier de pas pire mais pas écoeurants. Il fitteront donc très bien avec le reste de la défensive des Chiefs. Le jeune LB Derrick Johnson et le vénérable CB Ty Law sont les deux gars qui pourraient être des playmakers. Pour le reste, la défensive sera terne et médiocre, à l’image de l’équipe.



Les Raiders d’Oakland

C’est vraiment difficile de croire qu’il n’y a pas si longtemps les Raiders étaient les champions de l’AFC au Super Bowl XXXVII. C’était en janvier 2003. Depuis, les Silver and Black sont dans une spirale qui semble sans fin qui les a amenés au premier choix overall cette année. La saison dernière, les Raiders ont atteint un niveau d’incompétence rarement vu dans la NFL.

Cette déchéance s’explique facilement : Al Davis est devenu sénile et il prend des décisions ridicules autant du côte du personnel des joueurs que pour les entraineurs.


Depuis qu’il a congédié Bill Callahan (le coach au SB XXXVII), il a embauché coup-sur-coup le loser à Norv Turner (on en reparle un peu plus bas), le pétrifié Art Shell (et son antique coordonateur offensif Tom « Bed and Breakfast » Walsh) et maintenant le jeunot Lane Kiffin. Celui-là était coordonateur offensif à USC. Il travaillait donc dans l’ombre de Pete Carroll qui est supposé tout contrôler. Et voici donc Junior Kiffin coach en chef dans la NFL. On appelle ca brûler des étapes. C’est clair que Davis est réputé pour être un free spirit mais toutes ces décisions n’inspirent guère confiance. Sans farce, Kiffin est plus jeune que moi, on est loin de Vince Lombardi !

En attaque, les Raiders devront se remettre du grand néant de l’an dernier et ils ne pourront compter sur leur premier choix JaMarcus Russell qui n’a pas encore signé son contrat. De tout façon, il n’aurait pas été prêt à jouer car il représente un projet à long terme. C’est donc Daunte Culpepper qui semble parti pour être le QB partant avec des chances de voir Josh McCown faire une apparition. Ca pourrait être pire, surtout que Culpepper semble être assez en forme. On a vu pire.

C’est un peu difficile d’évaluer le reste des joueurs offensifs car la plupart ont été poignés pour jouer sous le règne de Shell et Walsh. La ligne offensive est poche mais l’an dernier la plupart des jeux de passes étaient d’archaiques seven-step drops et c’était irréaliste de croire qu’ils pourraient retenir la pression tout ce temps. Les receveurs sont médiocres mais l’an dernier les QBs étaient Aaron Brooks et Andrew Walter alors… Les RBs Dominic Rhodes et Lamont Jordan pourraient être bons mais la ligne leur donnera t’elle une chance ? Tout ca pour dire que l’attaque était si mal dirigée l’an dernier qu’il faut leur donner le bénéfice de repartir avec une page blanche. Une chose est sûre, Randy Moss n’est plus là et ca va aider en éliminant une distraction majeure.

La défensive des Raiders s’est avérée une des belles surprises de la NFL l’an passé ce qui est étonnant car ils passaient beaucoup de temps sur le terrain. Il faut cependant noter qu’ils ont terminé 3e pour les verges allouées mais 18e pour les points alloués, ce qui laisse présager que les adversaire marquaient en première demi et prenaient ca relax par la suite sachant que les Raiders étaient incapables de remonter la pente. Malgré ce bémol, les ouailles du coordonateur Rob Ryan représentent le principal point positif dans le merdier des Raiders. Les noms n’impressionnent pas outre mesure mais les Derrick Burgess, Mike Huff, Donovin Darius et même Warren Sapp forment une unité assez talentueuse pour que Ryan en tire de bons résultats.

Malgré les bons points en défensive, on peut s’attendre à une autre saison de misère pour les Raiders. Disons que leur match de la première semaine contre les Lions pourrait jouer gros dans la course au premier choix.



Les Chargers de San Diego

Ca c’est un preview qui s’écrit vite : Les Chargers sont super forts. LaDainian Tomlinson (RB), Antonio Gates (TE), Shane Merriman (LB), Marcus McNeill (LT) sont au sommet de leur profession. Philip Rivers (QB), Drayton Florence (CB) et Luis Castillo (DE) s’approchent du sommet à toute vitesse. Ils ont de la profondeur à toutes les positions. Quelqu’un fait de la belle job de repêchage à San Diego.

Il faut donc s’attendre à ce que les Chargers soient forts en attaque et en défensive et qu’ils gagnent au moins 10 matches. À moins qu’ils ne perdent leurs deux matches contre les Broncos, ils gagneront le titre de la division.

Mais évidemment, après toutes ses fleurs vient le pot et dans ce cas-ci le pot s’appele Norv Turner. On sait tous que le DG AJ Smith a congédié Marty Schottenheimer l’hiver dernier après de multiples tergiversations. Les deux ne s’entendaient pas et Smith avait un as dans son jeu : la fiche en séries de Marty est pitoyable et il a fait la preuve avec les Browns, les Chiefs et les Chargers qu’il est un choker de première classe.

La logique de Smith a donc été de substituer un loser de séries par un loser de saison régulière et voici donc Turner. Remplacer Marty par Norv, c’est comme remplacer sa vieille Pacer par une AMC Concord. Il n’y a pas vraiment moyen de justifier cette embauche et c’est clair que Smith n’avait plus le goût de se faire achaler par un coach et qu’il est allé se chercher un yes man. D’ailleurs c’est une stratégie qui commence à être à la mode dans la NFL car Jerry Jones a fait la même chose avec Wade Phillips à Dallas.

Donc, les Chargers vont sûrement faire bonne impression en saison régulière mais il y a fort à parier que Turner n’est pas l’homme qui peut les mener à la terre promise.

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