Cette semaine, on profite d’un match sans enjeu pour vous
expliquer les nuances du flex scheduling. Et nous résumerons aussi une partie relativement intéressante malgré tout.
Cédule flexible
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Lorsque le calendrier est sorti, bien peu de gens auraient
pu prédire que ce SNF serait inintéressant. Menés par un des quarts les plus
excitants du football, Washington a gagné la division l’an passé, tandis que
les Giants sont toujours dans la course au début décembre. Une autre preuve que
de prédire le calendrier de la NFL relève plus de la roulette russe que de la
science.
Pourquoi ce match ne fut pas « flexé » alors? Il y
a plusieurs raisons. D’abord, qu’on le veuille ou non, les Giants livrent des
cotes d’écoute. Leur récent duel contre les Cowboys fut le match le plus écouté
de la saison. Oui, il y avait un enjeu, mais cet affrontement, même s’il n’était
pas diffusé aux heures de grande écoute, a attiré plus que Denver – KC,
Brady-Manning 14, Seahawks – 49ers, name it. Malgré la pauvre fiche des Skins
et des Giants, je suis certain que NBC tirera de ce match une bonne cote d’écoute, probablement meilleure que celle qu'ils auraient obtenue avec l'affrontement Cards - Eagles.
De plus, NBC a déjà utilisé ses pouvoirs pour bouger deux
confrontations jusqu’ici. Un Packers – Giants a sauté pour présenter le premier
tome de la bataille de l’ouest (Chiefs – Broncos) et la semaine prochaine, nous
aurons droit à un affrontement Panthers – Saints plutôt que le Falcons –
Packers originalement prévu. Évidemment, le match le plus significatif de la 17e
semaine d’activités sera aussi présenté en soirée. Les réseaux d’après-midi,
CBS et Fox, paient eux aussi le gros prix pour diffuser la NFL et on peut
présumer que même si les règles sont claires, ces stations exercent de fortes
pressions pour garder à leur antenne les matchs intéressants. La NFL ne peut
pas repousser leurs doléances du revers de la main non plus.
Finalement, FOX et CBS ont le droit de protéger certaines
rencontres qui ne seront pas « flexés ». Un total de cinq rencontres
par réseau sont ainsi désignés par ceux-ci à la semaine # 5 et ne peuvent pas
être récupérées par NBC. Chaque réseau ne peut protéger plus d’une rencontre
par semaine et n’a aucun droit sur la dernière semaine. Ainsi, pour la semaine
# 15, le SNF prévu opposera les Bengals et les Steelers, une rencontre qui
perdra de l’intérêt si Pittsburgh s’incline dimanche prochain pour se sortir de
la course aux séries. Sauf que pour cette 15e semaine, CBS a protégé
le duel Patriots – Dolphins et Fox celui entre les Cowboys et les Packers,
laissant des miettes à NBC. Je ne sais pas quelles parties étaient protégées aujourd’hui, mais on peut
penser que CBS n’allait pas laisser filer un second Chiefs -Broncos. Bref, le Flex Scheduling n’est pas une bibitte
simple, et malgré tout, des duels ordinaires comme celui de ce soir se
faufileront parfois parmi les craques du système.
Mais bon, il y a un match qui se joue, donc allons-y :
Giants 24
Redskins 17
RGIII débute le match en lion. Il est parfait sur les 3
premières séries offensives des Skins, mélangeant savamment les courses et les
passes. Deux de ces poussées se terminent dans la zone de buts et Washington
prend rapidement les devants 14-0.
New York ne s’en laissent pas imposer et Eli Manning répond
à son adversaire en menant aussi les siens dans la zone payante, même si bien
honnêtement, ses porteurs de ballon sont davantage à féliciter que lui. Peyton
Hillis galope d’abord sur 27 verges et 2
jeux plus tard Andre Brown s’échappe sur 23 bornes pour compléter le travail.
14-7.
Manning égalisera la marque en fin de demie, en rejoignant
son TE Myers sur 22 verges. Après une saison monstrueuse à Oakland l’an
dernier, ce n’est que le 3e touché du TE dans l’uniforme bleu. Voici
une combinaison de laquelle je m’attendais à beaucoup plus cette saison. Néanmoins,
même si RGIII n’a raté qu’une seule passe à la demie, le pointage est égal
14-14 à la pause.
Après une possession sans histoire de part et d’autre pour
débuter la 3e période, Eli Manning retombe dans ses vieilles
habitudes. Sa passe en direction de Rueben Randle est trop haute, dévie et se
retrouve dans les mains de Brandon Meriweather.
Washington reprend profondément en territoire adverse, mais
n’en tire qu’un placement. Deux si on compte le coup de pied de frustration de
Pierre Garçon qui balance la roche dans la vingtième rangée après un manque de
communication entre lui et son QB. 17-14 Skins.
Je ne sais pas qui de Garçon ou de son quart était à blâmer
sur la séquence précédente, mais ce qui est certain, c’est que Griffin III est
abandonné par ses receveurs et sa ligne offensive en deuxième demie. La
protection est inexistante et les passes échappées se multiplient. RGIII dispute
un très bon match, mais ses coéquipiers ont déjà la tête aux vacances.
Juste au tournant du dernier quart, Eli Manning complète des
passes rapides qui mènent les siens à la ligne d’une verge. Andre Brown y va d’un
bel effort pour compléter le travail et donner les devants aux bleus pour la
première fois de la soirée.
Ceux-ci ajouteront un placement et mènent 24-17 lorsque
Washington entame sa poussée de la dernière chance. C’est alors que l’officiel
Jeff Triplette s’en mêle et pas pour le mieux. Sur un 2e essai et 5
à la mi-terrain, RGIII rejoint Pierre Garçon à qui il semble manquer quelques
pouces pour gagner le premier jeu. Toutefois, l’officiel sur les lignes de
côtés donne la distance aux Skins et fait bouger les chaîneurs.
Se croyant au premier essai, Washington appelle donc un long
jeu qui rate pour apprendre après coup qu’ils n’avaient pas accumulé toute la
distance nécessaire sur le jeu précédent, et ils se retrouvent pris au dépourvu
avec un 4e essai, sans temps d’arrêt en plus. L’arbitre a raison, c’est
un 4e essai, mais la manière de faire est idiote et injuste, le
genre de gestion de match de cave que vous ne verrez même pas dans une partie d’école
secondaire.
Sur le « 4e essai », RGIII rejoint
Garçon à la hâte qui ajoute à l’amateurisme en se faisant arracher le ballon.
Partie terminée, victoire des Giants. Je ne veux pas donner aucun lousse à
Pierre Garçon qui a disputé un match atroce et qui n’a aucune excuse pour s’être
fait voler le ballon comme ça sur le dernier jeu offensif des Skins. S’il fait
son travail comme du monde, peut être que nous jouons encore. Sauf qu’on a ici
un cas flagrant où une décision bâclée des officiels a coûté le match à une
équipe. Heureusement, Washington et New York sont éliminés, donc les
conséquences sont moindres, mais ce n’est rien pour redorer le blason des
arbitres.

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