Cette semaine au tailgate, je vous raconte mon week-end à
Boston et on parle des matchs aux heures de grande écoute.
Oubliez le jeudi,
ce sont tous les rendez-vous en soirée qui en arrachent
Le manque de compétitivité des matchs du jeudi soir a
maintes fois été démontré, même si les Texans ont fait l’effort de revenir dans
leur rencontre après un lent début contre Indianapolis il y a 3 jours. Le coup
de cash de la NFL change la routine des joueurs et ne leur donne pas assez de
temps de récupération et ni de préparation, ce qui nous donne des matchs à sens
unique. Qui plus est, je suis d’accord
avec Dave Naylor de TSN qui pointe aussi du doigt les disparités
entre la qualité des opposants pour expliquer les écarts de ces rencontres. Les
Vikings (avec leur 3e quart) à Lambeau face aux Packers??? Est-ce
que ça pouvait conduire à autre chose qu’un massacre?
Ceci dit, malgré la meilleure cédule théorique des matchs aux
heures de grande écoute, les 3 derniers rendez-vous du dimanche soir n’ont pas
donné lieu à du bon football non plus. Difficile de trouver une autre
explication que la malchance dans ce cas-ci, car les 3 duels s’annonçaient
serrés sur papier. Les prochains rendez-vous d’Al Michaels et Cris Collinsworth
devraient nous réconcilier avec le fait d’avoir « attendu toute la journée
pour le dimanche soir! ».
Largement ignorée
avec une série d’affrontements inintéressants en 2013, le rendez-vous du lundi
soir s’en tire mieux. La varlope subie par les Pats à la semaine 4 fut la seule
rencontre à sens unique présentée au MNF et la rareté du phénomène (les Pats
déclassés) a tout de même conféré une grande pertinence à l’affrontement. Sur
papier, le futur est moyen, à commencer par le 49ers – Rams à l’affiche demain
soir. Le rendez-vous du lundi soir n’a plus l’aura d’antan et de moins en moins
de duels prometteurs y sont présentés. Jusqu’ici cette saison, seul le Eagles –
Colts de la semaine 2 retenait vraiment l’attention à priori. La suite n’est
guère plus séduisante. Si des rendez-vous intéressants sont programmés à l’antenne
du lundi soir, aucune des rencontres restantes à l’horaire ne vous feront
saliver d’anticipation. C’est plutôt dommage, mais la tradition du lundi soir s’effrite
peu à peu. Reste à espérer que les joueurs continueront malgré tout à nous
offrir un bon spectacle pour compenser.
Démolis dans ma
face
Mon voyage de NFL 2014 s’imposait de lui-même. Moi, partisan
des Bengals, des amis maniaques des Pats, disons que la date du 5 octobre fut
rapidement encerclée sur notre calendrier. Erreur….
Le plan original incluant une petite ronde de golf dans les
montagnes blanches du New Hampshire en route vers Beantown le samedi, mais le
golf a cette particularité d’être plus agréable lorsqu’il ne pleut pas. Il nous
faut donc un plan B, B comme des Bruins qui disputent une rencontre pré-saison
au TD Garden. L’activité du samedi est trouvée.
Premier constat : ne chialez plus jamais sur le prix
des stationnements à Montréal. 42 balles nous sont demandées pour se garer, non
pas sous l’aréna, mais à quelques pâtés de maisons de celui-ci. 42 fucking
dollars… On paie ça dans les stades NFL, mais au moins on y fait un tailgate.
Sauf qu’il pleut à boire debout et nous sommes justes dans le temps, donc on ne
pousse pas nos recherches plus loin.
L’aréna comme tel ne m’impressionne pas, et lorsqu’on pèse
plus que 100 livres, on empiète assez vite sur les autres sièges au balcon,
mais on constate rapidement que Boston est une bonne ville de hockey. L’aréna
est remplie à plus de 80 % pour un match préparatoire et les gens sont dans le
match. D’ailleurs, partout en ville, le memorabellia des Bruins surpasse celui
des Celtics. On imagine sans mal que la baraque doit devenir assez bruyante
lorsque le CH est en ville. L’appétit des fans des Bruins pour la violence est
bien documenté et dès qu’on attroupement, même banal, se forme après le
sifflet, les gens se lèvent et crient! Pourtant, personne ne passe même proche
de laisser tomber les mitaines…
Du match, je retiendrai que Patrice Bergeron est tout un
joueur de hockey (3 buts) et que même vu du pit, Chara est gros en sacrament. Les
joueurs des Red Wings devant passer de son côté sont tellement polis, c’est
drôle à voir. Par contre, le gros Chara ne rajeunit pas et sa vitesse rappelle
désormais celle d’Al Gill et Douglas Murray. Un gros, gros cône jaune! Si ça
vous intéresse, les Wings ont gagné 4-3 en tirs de barrage.
Pour l’après-match, les bars sportifs abondent autour du
Garden et notre choix se porte sur The Four’s, un bien bel endroit du genre de
ceux qu’on aimerait tant avoir au Québec. La bouffe est bonne, les portions
trop copieuses (nous sommes aux USA, ne jamais l’oublier) pour nous qui devrons
s’avouer vaincus, et la serveuse est même allée se perdre à Shawinigan lors de
la Coupe Mémorial il y a 2 ans! Qu’est-ce qu’une américaine de Boston foutait à
déguster une mousse au Trou du Diable pour suivre du hockey junior, nous n’avons
pas eu le temps de lui demander. Pourtant, bien que jolie, elle n’a pas les
traditionnels gros seins, grandes pattes et cheveux blonds qui caractérisent
les blondes de joueurs de hockey!
Le lendemain, retour à Boston pour y jouer
les touristes en début de journée, après tout il s’agit d’une bien belle ville.
Au dîner, pourquoi ne pas retourner consommer une nouvelle ration de gras trans
dans un bar sportif local, cette fois « The Greatest Sports Bar », un
endroit envahi par les fans des Giants. Ça fait un peu bizarre de voir plein de
gilets bleus # 10 en plein cœur de Boston, mais j’apprécie l’ironie (ou la
provocation). Disons qu’entre The Greatest et The Four’s vous ne vous tromperez
pas. Il y a plus de télés au Greatest et on mange mieux au The Four’s, mais ce
sont deux beaux endroits pour prendre du poids et se boucher les artères. Nous
quittons vers 15h, question de se préparer à notre propre tailgate.
Je n’étais pas allé aux Pats depuis mon premier match NFL à
vie, au vieux Foxboro Stadium. Disons que ça a un peu changé! On se stationne
dans le parking général de l'autre côté de la rue devant le stade et dans la mer de voitures sur place,
je suis pas mal le seul partisan des Bengals. Je m’excite en apercevant au loin
des gens vêtus de orange, mais ce sont des gardiens de sécurité qui font leur
ronde…
Je dois avouer que je craignais un peu les partisans du
Boston, réputés sauvages, abrasifs et épais, mais tout se passe bien. Les gens
sont de bonne humeur, ont du fun, et lorsque des pointes sont lancées, c’est
avec le sourire. En fait, les partisans des Pats sont moins confiants qu’à l’habitude
et ça se sent. En général, on m’aborde avec un inquisiteur et inquiet « whaddoya
think Cincinnati? ». Comme je suis moins arrogant en anglais qu’en
français, la conversation se passe bien.
Le parking est immense et long à traverser, prévoyez une bière de route
pour la marche vers le stade si vous y allez!
Je ne reviendrai pas trop sur la partie comme tel, ce fut
une sale atrocité où les Bengals ont trouvé tous les moyens possibles de se
tirer dans le pied. Dans les estrades, je suis à nouveau pas mal seul de ma
gang, donc je me fais plein de nouveaux amis qui veulent juste m’aider à
localiser le tableau indicateur. J’encaisse beaucoup, mais ça demeure toujours
dans un esprit bon joueur et civilisé. J’oserais même dire que malgré la
dégelée de mon équipe, j’ai du fun avec le monde dans les estrades. Mes
préjugés sur les partisans des Pats disparaissent tranquillement. Ceux-ci sont
d’ailleurs plus en voix que la réputation de leur amphithéâtre et l’atmosphère
est bonne. C’est bruyant. Quant au
stade, rien de négatif à dire sur celui-ci, c’est une belle place pour regarder
du football.
Au fur et à mesure que le match avance, ma frustration
grandit avec la performance de mon équipe et lorsque j’échappe un TABARNAC bien
senti après un autre fumble de mon équipe, un fier Bostonnien se retourne pour
m’annoncer que c’est le premier juron qu’il
a appris lors d’un voyage récent au Québec. Je suis dans le mood et je lui en
apprends plein d’autres. Il possède maintenant tous ses mots d’églises! Ce sera
ma petite pierre à l’édification d’un monde meilleur pour la soirée.
Petit conseil si vous allez aux Pats, prévoyez un tailgate d’après-match.
C’est particulièrement facile si vous assistez à une rencontre en après-midi,
vous n’avez qu’à planifier un souper. C’est qu’il a fallu 2 heures pour
finalement sortir du stationnement après le match et que les bouchons ne se
sont pas estompés une fois sur la route. Bref, il était plus de 2 heures du
matin lorsqu’on a rejoint l’hôtel, donc quitte à passer tout ce temps à sacrer
dans votre voiture immobilisée, aussi bien en profiter pour ingurgiter du
houblon et une seconde dose de malbouffe!
En résumé, ça reste des beaux week-ends malgré tout, même
quand le résultat du match de foot n’est pas à mon goût. D’ailleurs, si vous
aimez les récits de fin de semaines de foot, je vous invite à jeter un œil à
nos amis du blitz NFL qui détaillent ces jours-ci un voyage à Green Bay, Notre
Dame et Indianapolis. Pas désagréable!
Bon football aujourd’hui, en espérant que les matchs en
primetime seront divertissants pour une fois!


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