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lundi 23 juillet 2012

La NCAA punit sévèrement Penn State -MISE À JOUR-

Après d'interminable spéculation, c’est aujourd’hui que les Nittany Lions de Penn State faisaient face aux conséquences du scandale sexuel qui a éclaté il y a bientôt un an.

On se rappellera que le 4 novembre dernier, l’histoire de Penn State changea à jamais. Les autorités policières de la Pennsylvanie avaient alors mis la main au collet de Jerry Sandusky (ex-Assistant Entraîneur de l’équipe et ami de longue date de Joe Paterno). À ce moment, c’est 52 charges d’agressions sexuelles qui avaient été émis contre l’homme de 68 ans. Dans les mois suivants, 4 accusations furent abandonnées. Le 22 juin dernier, Sandusky fut reconnu coupable de 45 des 48 charges, ce qui devrait lui devoir une peine à vie.

Dans la foulée de ce scandale, le prestigieux entraîneur-chef, Joe Paterno, fut congédié par l’université. Son congédiement fut annoncé quelques heures après l’annonce de son implication dans le scandale. JoePa était au courant des activités de Sandusky et il a malheureusement fermé les yeux sur la situation. Le 22 Janvier dernier, Paterno s’éteignit suite à une bataille contre le cancer des poumons. (Pour plus de détails sur Paterno, vous pouvez lire ceci)

Au cours des derniers jours, les dirigeants de Penn State décidèrent de démolir la statue/monument érigé en l’honneur du défunt. Le 22 Juillet 2012 sera marqué pour longtemps dans la mémoire des fans, alors que le tout fut mis aux poubelles. Cette décision fut étonnamment partagée car il y a encore des purs et dus des écervelés qui défendent Paterno.

C’est aujourd’hui que les conséquences sont tombées. Depuis des mois on entend parler de la ‘Death Penalty’, laissant entendre que la NCAA arrêterait le programme de football de PSU pour une période inconnue. Durant la fin de semaine précédant l’annonce, les rumeurs changèrent pour faire place à des suspensions de Bowls et des coupures au niveau des bourses.

C'est effectivement ce qui fut annoncé ce matin: suspension des Bowls pour quatre ans, amende de 60 M$ et la perte de 10 bourses football-étude (de 25 à 15). De plus, la NCAA a effacé les 106 victoire que les Lions ont acquises entre 1998 et 2011. Cette dernière pénalité peut sembler mineure mais elle fait perdre le 1e rang des victoires à Joe Paterno. Son héritage est totalement annihilé, ce qui devrait faire réfléchir bien des gens dans des positions d'autorité.

Évidemment, ces sanctions viennent essentiellement enlever toute pertinence au programme. Les Lions seraient mieux de faire application pour la Division II de la NCAA, ils économiseraient de l'argent.

L'amende imposée correspond approximativement à un an de revenus pour le programme de football, ce qui est quand même substantiel. L'université perdra aussi beaucoup d'argent en raison des autres sanctions. On peut donc affirmer que l'institution paie un fort prix pour son attitude répréhensible dans cette histoire. Il sera intéressant de voir ce que l’avenir réservera aux équipes impliquées dans des scandales de n’importe quel genre. La barre pour les sanctions vient d'être élevée de façon significative. C'est clair qu'un certain nombre de joueurs de Penn State verront leur carrière au collégial assombrie mais il y a fort à parier que plusieurs d'entre eux demanderont un transfert dans d'autres écoles. La NCAA pourrait peut-être montrer une certaine clémence en n'imposant pas l'année d'attente habituelle... MISE À JOUR: La NCAA permettra aux joueurs de PSU de changer d'université sans pénalité. Les meilleurs pourront donc maintenir leurs chances de devenir professionnels en allant ailleurs.

-WALLETTE assisté de NICK T.-

vendredi 6 janvier 2012

McKenzie à Oakland, O'Brien à Penn State

Les Raiders engagent un vrai DG et les Nittany Lions se trouvent un coach qui n'a pas peur des défis...

-Les Raiders vont finalement avoir un directeur général digne de ce nom. Le Silver and Black est sur le point d’embaucher Reggie McKenzie, directeur des opérations football des Packers. C’est une embauche quasi parfaite car McKenzie est un ancien joueur des Raiders (LB, 1985-89) et il vient de passer 18 ans dans une organisation pleine de compétence. En plus, McKenzie est noir et on sait que Al Davis était un grand pionnier pour ce qui est de l’embauche de «minorités». Reste à savoir si le nouveau venu pourra s’entendre avec Hue Jackson. Le coach en menait large depuis le décès de Crazy Al et il semble avoir un égo surdimensionné par rapport à ses accomplissements dans la NFL…À suivre. On peut espérer que cette embauche permettre aux Raiders de devenir une équipe plus stable.

http://www.jsonline.com/sports/packers/dolphins-will-interview-philbin-fb3mkoq-136787393.html

-Tout indique que Bill O’Brien (OC des Patriots) deviendra le nouvel instructeur-chef de Penn State. L’université est allée pêcher à l’extérieur de ses «alumnis», excellent idée pour tenter de dissiper l’odeur du scandale Sandusky. O’Brien est un gradué de l’Université Brown et il n’a aucun lien avec les Nittany Lions. On peut présumer qu’il assemblera un staff complètement différent pour illustrer que le programme a vraiment tourné la page sur le passé.

Évidemment, Penn State ne sera pas une destination trop populaire au course des prochaines saisons et il sera difficile d’attirer les meilleurs joueurs de high school pendant une couple d’années. Cela dit, la NCAA étant une grosse machine sans remord ni conscience, il y a fort à parier que si O’Brien sait tirer le maximum du talent dont il dispose, les joueurs reviendront à Penn State.

http://www.google.ca/url?sa=t&rct=j&q=bill%20o'brien&source=web&cd=1&ved=0CCkQqQIwAA&url=http%3A%2F%2Fcontent.usatoday.com%2Fcommunities%2Fcampusrivalry%2Fpost%2F2012%2F01%2Fpatriots-assistant-bill-obrien-interview-penn-state-job%2F1&ei=EQ4HT_--H-f30gG9m9i8Ag&usg=AFQjCNGruSTrOcwLqWHmSI6QQpLFByH89w&sig2=Qnp-E6juHolyfr1NwUL2xw

jeudi 10 novembre 2011

Penn State plongée dans l’horreur

Vous l’avez vu partout dans les nouvelles cette semaine, l’université Penn State est aux prises avec un scandale majeur dont les répercussions dépassent largement le football. Jerry Sandusky, coordonateur défensif des Nittany Lions durant plus de 20 ans a été arrêté sous des charges d’agressions sexuelles contre des jeunes garçons d’âge mineur. Tim Curley et Gary Schultz, des dirigeants de l’université ont quant à eux été accusés de parjure et de ne pas avoir alerté la police malgré leur connaissance de ces actes disgracieux.

Les détails glacent le sang. Sandusky se serait servi d’une fondation d’aide aux jeunes défavorisés qu’il a créé et de son statut d’entraîneur adjoint à Penn State pour recruter ses victimes. Attouchements, baisers, sexe oral ou anal, aucune atrocité n’a été épargnée aux jeunes victimes, sur une période s’étalant de 1994 à 2009. Quarante chefs d’accusation pèsent sur Sandusky. Huit victimes sont présentement confirmées, mais comme c’est souvent le cas dans ces histoires, d’autres pourraient s’ajouter dans les prochains jours.

Le prédateur sexuel, aujourd’hui âgé de 67 ans, bénéficiait d’une réputation sans faille dans la communauté auparavant. Sur le terrain, il fut l’un des assistants entraîneurs les plus admirés de l’histoire de la NCAA. Penn State est surnommée « Linebacker U » en raison du nombre effarent de secondeurs de qualité sortis de ses rangs en grande partie à cause du travail de Sandusky. Hors du terrain, il été tout autant vénéré. Sa fondation « the Second Mile » devait aider les jeunes venant de famille dysfonctionnelle à se replacer dans la vie. De nombreux prix lui furent remis, tant par les politiciens que par les groupes sociaux, pour son implication. Pourtant, des lumières rouges s’étaient allumés en cours de route. Celle impliquant Joe Paterno bien sûr, mais d’autres aussi, au moins aussi sérieuses.

D’anciens joueurs et membres de l’organisation « the Second Mile » parlaient de vagues rumeurs dont personne apparemment ne soupçonnait l’ampleur réelle. Cependant, une enquête fut ouverte sur Jerry Sandusky. C’était en 1998, alors qu’une jeune victime, âgée de 11 ans à l’époque, s’était plaint à sa mère que Sandusky avait pris sa douche avec lui. La mère a porté plainte, de l’écoute électronique fut effectuée et des enquêteurs ont alors interviewé l’entraîneur-adjoint. Ce dernier a reconnu avoir pris sa douche et avoir enlacé des jeunes dans cette circonstance. Le cas se rendit au bureau du procureur qui décida de ne pas porter d’accusations. Un an plus tard, Sandusky mit un terme à sa carrière d’adjoint, mais conserva ses privilèges à Penn State. L’automne suivant, un concierge aperçu l’accusé et une jeune victime dont on ignore toujours l’identité dans les douches de l’université. Le jeune était immobilisé contre le mur, violé par Sandusky. Le concierge rapporte l’événement à son supérieur qui lui conseille d’aller voir la police. Sauf qu’il n’en fera rien et l’histoire n’ira pas plus loin.

Joe Paterno

« Joseph Vincent Paterno : Educator, Coach, Humanitarian ». La statue hommage au légendaire coach qui garde l’entrée du Beaver Stadium à State College, Pennsylvanie permet de mesurer la hauteur du piédestal sur lequel reposait l’entraîneur-chef. La phrase à la droite de la statue : « They ask me what I’d like written about me when I’m gone. I hope they write I made Penn State a better place, not just that I was a good football coach » semble aujourd’hui tirée d’un mauvais film.

Sur les lignes de côté, ses exploits sont connus. Paterno a joint l’équipe d’entraîneurs de l’université Penn State en 1950. Il fut nommé entraîneur-chef en 1966. Le 29 octobre dernier, il a remporté sa 409e victoire, devenant l’entraîneur-chef le plus titré de l’histoire de la division 1 (les gros programmes) de la NCAA. Peu de gens auraient pu alors prédire que ce serait sa dernière. En effet, après avoir annoncé qu’il démissionnerait au terme de l’actuelle campagne, Paterno fut congédié mercredi soir par le conseil d’administration de l’université. Sa fiche totale aura donc été de 409 victoires, 136 revers et 3 verdicts nuls. Sous sa gouverne, les Nittany Lions ont remporté 2 titres nationaux.

Mais les statistiques n’expliquent qu’une infime partie de la légende du coach aujourd’hui âgé de 84 ans. C’est sa façon de gagner qui inspirait le respect. Win the right way, telle était sa devise. Il le faisait entre autres en respectant les règlements de la NCAA et en insistant sur le côté académique. Il voulait développer de bons citoyens autant que de bons joueurs de football et sous son règne, le taux de graduation des footballeurs de Penn State s’est toujours maintenu parmi l’élite de la NCAA. Dans un monde où les coachs sont payés des sommes astronomiques, son salaire excédait à peine le demi-million. Il vivait modestement à State College, simple d’approche et partie intégrante d’une vie de quartier normale, à milles lieues des « mansions » inaccessibles privilégiées par tant d’autres tsars de la NCAA. Bref, pour plusieurs, Joe Paterno incarnait ce qui était encore bon, encore vrai dans le football collégial. Vous comprendrez bien sûr que c’est là que la déception est brutale.

Que ce soit bien clair : au plan légal, Joe Paterno n’a absolument rien à se reprocher. Aucune accusation ne pèse ni ne pèsera sur lui. Frank Noonan, le représentant de la police qui a présenté l’affaire aux médias l’a bien précisé. Par contre, il a ajouté qu’il n’était pas certain que l’ex-coach, avait rempli ses obligations morales.

Ce qui est reproché à Paterno date de 2002. Mike McQueary, alors membre du coaching staff des Nittany Lions (et aujourd’hui entraîneur des receveurs de passes de l’institution) surprend Sandusky dans les douches en pleine relation anale avec un jeune garçon d’une dizaine d’années. Le lendemain, il se rend au domicile de coach Paterno pour lui rapporter la scabreuse affaire. Paterno avise sans tarder Tim Curley, son supérieur immédiat. Il ne fera rien d’autre. Curley et Gary Schultz rencontrent ensuite McQueary, mais l’affaire ne va pas plus loin. Les 2 dirigeants n’avertissent pas la police (une infraction à la loi) et ont de toute évidence camouflé l’affaire. Ce qu’on reproche à Paterno est de ne pas être allé plus loin dans cette affaire. Leader du programme de football, il était celui à qui les parents faisaient confiance lorsqu’ils lui confiaient leurs enfants, surtout en raison de sa réputation de droiture à toute épreuve. En se contentant de faire le minimum légal devant d’aussi graves accusations, il a failli à sa mission première : protéger et développer les jeunes hommes qu’on lui confie. La police ne fut informée des agissements de Sandusky que 7 ans plus tard, en 2009. Ironiquement, c’est une école secondaire, fréquentée par une victime, qui a porté la plainte qui a déclenché l’enquête. La petite école aura donc agit là où la grande université a échoué.

Paterno conserve de forts appuis dans la communauté étudiante de Penn State et chez ses joueurs qui disputeront une partie cruciale ce samedi, à State College, contre les Cornhuskers de Nebraska. A 7-1, les Nittany Lions sont au plus fort de la course dans le Big Ten, mais de telles histoires repoussent évidemment le sport très loin dans l’échelle des priorités.

Paterno méritait-il le traitement que lui a infligé le conseil d’administration de l’université? Je crois que oui. Le manque de jugement est trop gros, trop grave pour être ignoré. Les crimes reprochés sont les plus répugnants qui soient et son congédiement sert de message que même le tout puissant football collégial n’est pas au-dessus des lois. Ce que Paterno ne mérite pas cependant, c’est l’infernal défoulement médiatique à son endroit. A la lecture des journaux et des commentaires sur le scandale, il faut faire un gros effort pour se rappeler que le violeur accusé n’est pas Paterno, mais Jerry Sandusky. JoePa est le gros nom, celui qui amène les ratings et fait vendre des copies. C’est donc lui qui fut attaqué dans la presse. Sauf que ce n’est pas minimiser ses torts que de dire qu’il vient assez loin dans la liste des fautifs dans cette sordide affaire. Les accusés d’abord, le président de l’université ensuite, le procureur qui n’a pas porté d’accusations en 1999 et peut être même ces distingués « members of the board » bien soulagés d’avoir un bouc émissaire à offrir en pâture doivent aussi répondre de leurs actes. Paterno était la cible facile tant pour les journalistes que les administrateurs de l’université, mais pour que le ménage qui s’impose suite à cette triste affaire soit fait, d’autres têtes devront tomber.

-ARTICLE ÉCRIT PAR JR-