Comme je le mentionnais lundi, les Browns de Cleveland sont une des belles histoires dans la NFL cette saison. Au camp d’entrainement, ils semblaient voués à une saison de transition vers des jours meilleurs, dans les scénarios le plus optimistes. Après un match, ils ont échangé leur QB partant (Charlie Frye, qui est maintenant numéro 3 à Seattle) et le coach et le DG semblaient 75% congédiés…Aujourd’hui cependant, les chouchous des amateurs d’underdogs et d’uniformes tellement laids qu’ils redeviennent beaux sont en voie d’accéder aux séries, forts d’une fiche de 7-4 et d’un calendrier très négociable.
Une participation aux séries ferait le plus grand bien à l’organisation des Bruns et Oranges ainsi qu’à leurs partisans. Peu d’équipes ont connu autant de misère dans les vingt-cinq dernières années que les Browns. Ils ont été les victimes des moments les plus mémorables de la carrière de John Elway, ils ont subi des blessures catastrophiques à des à des moments cruciaux et ils ont subi l’ultime affront : le déménagement de leur équipe à Baltimore en 1996. Pour ajouter l’insulte à l’injure, les Ravens sont allés gagner le Super Bowl, rêve qui semble inaccessible aux Browns.
Cependant, en parallèle au déménagement de l’équipe, la NFL redonna prestement à Cleveland une équipe d’expansion pour 1999. Celle-ci garderait le nom de Browns et, dans une décision digne de la LNH, l’historique et les records de l’équipe. J’imagine que c’était ben l’fun sur le coup pour les gens de Cleveland mais malheureusement les défis d’une équipe d’expansion les ont rapidement ramenés à leur statut de losers chroniques.Les nouveaux Browns n’ayant pas profité des mêmes avantages que les Jaguars et les Panthers de l’expansion précédente, ils se sont retrouvés avec une équipe de troisième ordre presque dénuée de talent. Leur premier choix au repêchage d’expansion de 99 fût l’immortel centre Jim Pyne qui a joué 18 matches sur deux saisons avec les Browns. Et comment oublier Hurvin McCormack, Orlando Bobo et Tarek Saleh, eux aussi acquis lors de ce repêchage.
Les Bruns, menés à la va-comme-je-te-fesse par Carmen Policy l’architecte de légendaire 49ers, ne se sont pas aidés lors de leur premier vrai repêchage, optant pour Tim Couch, QB de Kentucky qui fût un flop retentissant. À leur décharge, Couch était vraiment bien coté et ils ont fait le choix logique. Cependant les joueurs repêchés par la suite font vraiment mal paraitre les Browns : Donovan McNabb, Edgerrin James, Ricky Williams, Torry Holt, Champ Bailey, Chris McAlister, Daunte Culpepper, John Tait… Tous des gars qui auraient été des pierres angulaires de choix pour une nouvelle équipe.
Le manque de talent s’est avéré flagrant une fois la saison commencée, les Browns finissant bons derniers dans la NFL avec une fiche de 2-14.
Si seulement la mauvaise évaluation du talent s’était arrêtée la, c’aurait pas été si pire. Malheureusement, les dépisteurs des Bruns étaient soient continuellement malchanceux ou encore des enfants de classe « spéciale ». En 2000 ils ont choisi le DE Courtney Brown au premier rang overall, un autre flop monumental (Brian Urlacher et Jamal Lewis aurait été un peu mieux). Ils ont fini à 3-13 et le coach Chris Palmer fût congédié.
Le repêchage de 2001 donna un autre résultat désastreux : le DT Gerard Warren (3e overall) mais le nouvel instructeur-chef Butch Davis améliora quand même l’équipe qui termina avec un dossier de 7-9. Cette amélioration donna aux Browns la possibilité de repêcher un flop un peu plus tard au repêchage (le RB William Green, 14e) et pava la voie pour la surprenante saison 2002, qui marqua le retour des Browns en séries éliminatoires. Fort d’un aérodynamique 9-7, le Cleveland s’amena à Pittsburgh pour un duel de QBs qu’on est pas près d’oublier : Kelley Holcomb vs Tommy Maddox : The Backup Bowl. Ces deux messieurs avaient profité de blessures à Tim Couch et Kordell Stewart respectivement pour s’imposer comme partants. Les Steelers ont comblé un déficit de 33-21 au 4e quart pour l’emporter 36-33 dans un match palpitant.
Les lendemains de défaite furent douloureux pour les Browns car ils ont suivi cette saison de semi-gloire par un désastre de 5-11 en 2003 (Premier choix : le centre Jeff Faine, un flop) et de 4-12 en 2004 (Premier choix : Kellen Winslow The Sequel, on en reparlera). Le coach Butch Davis démissionna pendant la saison 2004, menant à l’embauche de Romeo Crennell, coordonateur défensif émérite des Patriots. Phil Savage, directeur du recrutement des Ravens (jolie symétrie) remplaça Carmen Policy comme directeur général
Romeo a rapidement été identifié comme l’homme qui virerait les Brown de bord et les amènerait vers les oasis paradisiaques de la victoire. La vie étant ce qu’elle est, ca ne s’est pas passé exactement comme ca. En 2005, Kellen Winslow Junior s’est blessé gravement tôt dans la saison et n’a pas été revu cette année-là. Le premier choix de 2005 Braylon Edwards a commencé sa carrière bien calmement mais ca c’est le lot des jeunes receveurs de passes. Le QB était Trent Dilfer et il connut une saison totalement Dilferienne. L’équipe finit à 6-10 et l’espoir était permis.
Le ciel tomba encore sur la tête des Browns pendant l’été 2006 : Kellen Winslow II se brisa en seize lors d’un concours de Wheelies en moto et le centre LeCharles Bentley, agent libre de choix, se démonta le genou au premier exercice du premier jour du camp. Les deux ratèrent la saison au complet. Les Browns auraient été aussi bien de sauter l’année eux aussi, ils terminèrent à 4-12 derrière le combo de QBs Charlie Frye-Derek Anderson.
Les nuages gris étaient donc épais et nombreux au-dessus de la grosse tête de Romeo avant la saison 2007. L’équipe avait malgré tout reçu de bonnes notes pour son repêchage : Le DT Joe Thomas au 3e rang, le QB et beau bonhomme Brady Quinn au 22e rang (suite à une transaction avec les Dallas) et le CB Eric Wright (2e ronde) avaient tous l’air de solides prospects. Kellen Winslow 2.0 était remis de ses blessures et Braylon Edwards semblait prêt à éclore. Il y avait des questions au poste de QB mais si ca tournait au vinaigre, l’arrivée de Quinn pourrait acheter du temps et donner une raison d’être à la saison.
Tel que mentionné dans l’intro, le tout a bien mal commencé avec une raclée aux mains des Steelers mais l’équipe vit maintenant un conte de fées. Joe Thomas est candidat au titre de recrue de l’année, Winslow démontre pourquoi il était si bien coté et Braylon Edwards s’impose comme un WR de premier ordre. Suite à l’échange de Charlie Frye, Derek Anderson s’est clairement imposé comme numéro 1, à la surprise générale. L’émergence d’Anderson pourrait poser un dilemme à l’organisation tôt ou tard car avoir un choix de première ronde grassement payé pour tenir le clipboard, c’est pas rentable. Cela dit, Quinn tient le clipboard de main de maître, pas trop fort, pas trop haut, toujours de manière élégante. Réjean Tremblay serait fier.Vous remarquerez que je n’ai pas mentionné la défensive de l’équipe, c’est parce qu’elle est poche. Les Browns se classent près du bas la liste dans toutes les catégories défensives, ce qui amène un assez gros bémol à leur belle aventure. On leur souhaite des shootouts d’ici la fin de la saison.
En tant qu’amateurs de villes qui font pitié et de old-school AFC football, nous espérons fort fort que les Browns se rendront en séries et feront partie de l’élite pour les prochaines années. Ils affrontent les Cardinals en Arizona, dimanche à 16h à Sportsnet et Fox Seattle. Soyez-y !
Excellent texte! Les Browns font partie des équipes qu'on aime aimer, à l'opposé de leur demi-frère-éprouvette illégitime, les Ravens qu'on aime tant haĩr...on est allé à Cleveland un an trop tôt...
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