dimanche 27 janvier 2008

Le Club de livre 6VB: Next Man Up - A Year Behind the Lines in Today’s NFL



L’ombre de la queue du chien du voisin d’en face du match ultime est à peine visible sur nos écrans-radars, et bien honnêtement, l’équipe éditoriale de 6VB doit fouiller les fonds de tiroir pour nourrir ce blog en attendant la suite des choses. Le manque de chose-football commence à nous faire bigrement grincer les dents… Dans un geste de désespoir, nous avons revisité notre culture littéraire foisonnante et avons finalement réussi à débusquer une petite brique qui traite justement de cette pratique sportive qui nous passionne tant. On oublie que l’instant éphémère d’un soir de décembre 2007, nos cœurs d’amateur de football et d’anti-Patriotes ont penché pour ces damnés Ravens de Baltimore. Le béguin a été de courte durée. Un coït interrompu par un Time-Out de trop au moment où la main de Dieu manquait de lubrifiant. La lecture de Next Man Up - A Year Behind the Lines in Today’s NFL, de John Feinstein (2005, Back Bay Books), 500 pages décrivant en très long et en moins large la vie au sein de ces satanés Ravens, m’a procuré ce même type de plaisir amèrement ambigu et peu lubrifié.

Le point de vue qui y est proposé est principalement celui de la direction, en particulier celui de l’entraîneur-chef Brian Billick: un être suave, intelligent, direct, moins arrogant qu’il n’en paraît - tout en demeurant très confiant de ses moyens - et qui ne mâche pas ses mots. Ozzie Newsome, le GM, the Guy who Transcends Us All, passe également pour un sacré bon gars. On rappelle d’ailleurs que Newsome avait carrément bypassé le vieux-crouton-à-Art Modell qui, en 1996, voulait repêcher en 1ère ronde un RB de Nebraska, un dénommé Lawrence Phillips. Newsome avait finalement préféré repêcher un OT de UCLA.Jonathan Ogden. . Ils en rient encore.

L’histoire débute plutôt lentement, s’éternisant avec menus détails sur la vente progressive par Modell de ses parts de l'équipe à l’entrepreneur Steve Bisciotti, qui lui aussi apparaît comme un gars qui a ben d’allure, un self-made-man à la fois humble et milliardaire.

Vous voyez le ton.

On entre dans le vif du sujet avec le camp d’entraînement : un Club Med, selon la légende, Billick ayant la réputation de ne pas brûler ses joueurs pendant l’été, question d’assurer qui leur reste encore du gaz rendu en décembre. On en apprend à propos de la dynamique qui opère pendant le camp d’entraînement. Beaucoup de joueurs invités au camp le sont principalement pour agir comme dummy de service, question d’avoir suffisamment de joueurs pour pratiquer. Des slapdicks, comme on les appelle. Autre exemple : les joueurs qui jouent à la fin du dernier match pré-saison sont généralement coupés le lendemain. Tout plein de détails semblables et d’anecdotes aussi sur les coupures, le rookie-show pis toute. Rien de trop croustillant, mais c’est parfois intéressant et ça fait sourire des fois.

Les seize matchs du calendrier sont banalement décrits, sans trop de détails techniques ni de sens dramatique. Mais à la décharge de l’auteur, faut dire que les Ravens avaient à l'époque une attaque à la vanille dirigée par le très excitant Kyle Boller. Dire que les choses ont peu changé depuis, ye gods… Les relations parfois tendues entre les entraîneurs sont également discutées. Comme l’influence indue du Special Team Coach, Gary Zauner (maintenant avec les Cards), qui faisait des Ravens l’équipe avec le plus de joueurs uniquement dédiés aux unités spéciales, soit 6 : 2 kickers, un punter, un LS plus 2 autres joueurs. Une source de frustration pour les autres entraîneurs qui trouvaient insuffisant d’avoir seulement 39 joueurs pour combler les 22 positions restantes.

C’est d’ailleurs ce qui fait la force du bouquin. C’est peut-être le gestionnaire-refoulé qui parle, mais j’ai pris malin plaisir à visualiser ces réunions du lundi où tout le staff se réunit autour d’une table et se tape le tape d’la game (on dirait du Lucien Francoeur), juge la performance des joueurs, discute des coupures, des blessures, des agents libres encore disponibles. Toute les technicalités logistiques et contractuelles… Du roster management en pleine action. Pour les amateurs du mode Franchise à Madden et les football-geeks, c’est du bonbon.

Mais pour le reste, c’est-à-dire les joueurs des Ravens, franchement, on s’en contresaitciboirifit. Jamal Lewis, Ray-Ray Lewis et Deion Sanders et le reste…difficile de s’intéresser à cette gang de clowns. Et la description complaisante et satinée de ces guignols en collants ne fait rien pour aider leur cause. Les sagas juridiques de Jamal et Ray-Ray (the heart and soul of not only the defense but the entire team) sont répétées et répétées et répétées, au point où l’on se demande si des passages entiers n’ont pas été écrits par d’autres « collaborateurs » qui n’ont pas eu la sagesse de se cross-checker.

D’autres sujets controversés sont quand même abordés, comme la présence prédominante de la religion dans l’équipe (ils ont même leur propre in-house preacher), la tentative de suicide de Deion Sanders (no shit), le party-going de Deuce McAllister…Mais le style est plutôt convenu et manque passablement de edge, un peu comme si on lisait un long article de l’Actualité.

La cote 6BV (sur 5):

Amateurs de sensations fortes, s'abstenir.

1 commentaire:

  1. Boy, ce livre m'avait l'air bien meilleur que ça...

    Je vais le lire pareil mais je suis moins enthousiaste

    RépondreSupprimer