mardi 12 mars 2013

Joueurs autonomes: est-ce que ça vaut la peine?


À quelques heures de l’ouverture du marché des joueurs autonomes, J-R joue au directeur général et se demande si ça vaut la peine de participer à la pêche aux gros noms. 


Au cours des prochains jours, nous serons bombardés d’annonces spectaculaires et de sommes d’argent abyssales garanties aux meilleurs joueurs de football de la planète. Invariablement, certaines formations seront des plus actives, alors que d’autres regarderont passer la parade, au grand dam de leurs partisans le plus souvent. Quand tout ce cirque sera fini, nous établirons la liste des gagnants et des perdants de la cuvée des agents libres et nous rebrasserons les Power Rankings. Sauf que, comme le classement le rappelle chaque année, c’est en automne que les victoires comptent, pas au printemps!

Lorsqu’une équipe va chercher un gros nom, elle le fait évidemment dans l’espoir que le joueur devienne un leader au sein de la formation et transforme ce qui est souvent une faiblesse en force. L’équipe espère un impact immédiat de son nouveau venu qui la fera bondir au classement. Finalement, l’objectif jamais avoué, mais néanmoins toujours présent de vendre des billets n’est jamais bien loin, même si dans la riche NFL, c’est moins vrai qu’au hockey (pensez au Minnesota l’été passé) ou au base-ball (les Blue Jays cet hiver).

En mars dernier, deux gros noms retenaient l’attention, soit Peyton Manning et Mario Williams. Tous 2 ont paraphé de faramineux contrats de 96 millions, ou, si vous préférez, d’un paiement de pension alimentaire de Tiger Woods! A Denver, le risque était immense, car à cette date l’an dernier, l’état de santé de Peyton inspirait encore moins confiance qu’un « je ne le savais pas qu’il était dans la Mafia quand il a organisé mon dîner de financement » d’un politicien Montréalais! Finalement, le pari a fonctionné à merveille et a même permis à John Elway de se débarrasser de Tim Tebow, en qui il n’avait visiblement pas confiance, sans créer d’émeutes. Je ne suis pas certain que Manning dominera encore dans 4 ans à la fin de son contrat, mais sa tenue fait des Broncos des prétendants au Super Bowl pour quelques années encore. Ce fut tout le contraire à Buffalo où Williams n’a ni amassé des stats dignes de son statut, ni rendu les pochetons autour de lui meilleurs. Les Bills sont demeurés les Bills, et ils sont maintenant pris avec un giga-salaire qui accapare à lui seul près de 15 % du plafond salarial. Williams peut évidemment se racheter, mais pour l’instant, il est bien difficile de ne pas noter que les Bisons auraient pu obtenir 2 partants de qualité pour le même prix!

Car c’est un peu ça le problème avec les agents libres. Il y a souvent surenchère et dans un contexte de plafond salarial, il ne s’agit pas tout simplement de dépenser de l’argent, mais bien de la distribuer avec équilibre et intelligence. Lorsqu’une équipe investi 15 ou 18 millions sur un joueur, elle perd inévitablement les moyens de se payer de la qualité ailleurs sur le terrain. Il faut donc que le rendement du gros salarié soit exceptionnel et que sa l’importance de sa position justifie l’investissement.

Une position où la demande est devenue disproportionnée est celle des receveurs de passes. Si les salaires versés a des receveurs bons, mais pas extraordinaires l'an dernier sont une indication, il faut craindre les pires folies à l’endroit de la cuvée relevée de cette année. Sur le terrain, les résultats furent partagés. Vincent Jackson (55 millions sur 5 ans) a livré la marchandise à Tampa et est devenu la cible préférée de Josh Freeman. Lorsqu'en santé, Pierre Garçon (42.5 millions sur 5 ans) a aussi su s'imposer chez les Peaux Rouges. Par contre, Robert Meachem (25.9 millions sur 4 ans) ne s'est pas avéré un très bon investissement chez les Bleus Poudres. Par ailleurs, il faut noter que malgré l'imposant contrat consenti à V-Jax (ainisi qu’au OG Carl Nicks et au CB Eric Wright) les victoires ont continué de fuir le bateau de pirates. D'autres formations, dont les Browns, les Bengals et les Jaguars, qui avaient des besoins en ce sens et de l'espace sous le plafond, ont préféré suivre la voie du repêchage pour dénicher leurs receveurs de passes. Là aussi, le bilan est mitigé, alors que les Blackmon, Gordon, Sanu et White ont montré certaines promesses pour le futur, mais rien de bien concret en 2012. Par contre, à défaut de livrer de grands résultats, ces joueurs n'ont pas coûté trop cher.
 
Souvent influencée par la taille et l'attrait qu'exerce leur marché, la philosophie des équipes diffère au sujet de l'embauche de joueurs autonomes. L'essentiel du noyau qui a permis aux Packers de soulever le trophée Vince Lombardi il y a 2 ans est le produit de bons repêchages. Vous entendrez rarement parler des têtes fromagées à l'ouverture du marché des agents libres. Des Bengals non plus d'ailleurs, mais dans leur cas c'est plus leur côté pingre qui explique leur inaction malgré des sommes disponibles considérables. Une telle attitude met beaucoup de pression sur le dépistage de talent et l'extrême incompétence de la formation à ce niveau a conduit aux 15 années de misère des tigrés des années 90-2000. Par contre, depuis qu'ils repêchent bien, cette philosophie leur a permis de se bâtir un bon jeune club comportant beaucoup plus de bons éléments que ce qu'ils auraient pu assembler via les agents libres. D'ailleurs, c'est rare qu'un championnat se remporte grâce aux ajouts de mars. Le "Dream Team" des Eagles a planté encore plus vite qu'une action de Nortel en bourse et les fans des Redskins gardent en mémoire tous les échecs retentisssants des grands coups de poker d'Ed Snyder (Albert Haynesworth anyone?). Par contre, il faut reconnaître que les Bears connaissent du succès avec une approche basée davantage sur l'embauche de vétérans (Peppers, Cutler, Marshall) et que, même si c'est moins vrai dernièrement, Bill Belichick a souvent eu la main heureuse avec ses acquisitions.
 
Comme vous le voyez, je ne suis pas vendu à l'idée de réaliser des coups d'éclats à ce temps-ci de l'année. Un gros nom peut complémenter une bonne équipe une fois de temps en temps, mais souvent, celles-ci vont surpayer des joueurs qui ne valent pas le fric qui leur est dévolu. De votre côté, de quel bord penchez-vous? Si vous étiez installé dans un fauteuil de DG aujourd'hui, seriez-vous agressifs ou passifs?



3 commentaires:

  1. J'aurais tendance à être passif et de fonctionné par le repêchage car je ne connais pas d'équipe (tous sports confondu) qui ont gagné un championnat par le marché des joeurs autonome ! Une pensée au Rangers de New-York héhé :)

    mais encore là tous dépend de comment ton club à été construit lorsque tu prends le contrôle car s'ils ont fait des bons repêchages et que tu crois qu'il te manque juste un gros ajout pour rêvé au super bowl, GO !

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  2. le temps parfait pour ramasser de la profondeur a cout raisonable... mais tu bati pas un club comme sa.

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  3. Je crois que pour la majorité des sports, les agents libres sont des pièges a éviter pour la construction d'une équipe.

    Les équipes doivent d'abord et avant tout, avoir un excellant système pour repêrer les bons joueurs a repêcher. Avec le plafond salarial et la nouvelle convention collective, il ne coûte plus très chèr avoir des recrues. C'est le moment rêver pour créer de la profondeur au sein de ton équipe et de ne pas avoir besoin d'aller chercher des agents libres.

    Une fois que ton équipe à pas mal pris sa forme et qu'elle est prête à accèder au niveau supérieure, c'est le moment d'aller chercher des agents libres afin de combler les faiblesses de ton équipe et d'en faire une force.

    Encole là, il faut faire attention pour ne pas trop surévaluer un joueur. C'est n'est pas parce qu'il y a un gros nom que c'est nécessairement lui que tu dois viser.

    Bref, je sais aussi qu'un DG peut avoir les mains liés aussi des fois. Je sais que je pars dans une direction opposé, mais je lisais l'autre jour un article dans le sports illustrated qui rejoint ce que j-r disait pour la vente de billet. Sans en faire une dicertation, l'article expliquait en gros que la manager des Red sox avait eu les mains liés par le département marketing du réseau de TiVi privé des Red Sox pour faire l'embauche d'agents libre "sexy" au niveau marketing.

    Bref, dans un monde parfait, je crois que les agents libres doivent être la dernière pièce du puzzle et non la base de la solution.

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