À quelques heures de l’ouverture du
marché des joueurs autonomes, J-R joue au directeur général et se
demande si ça vaut la peine de participer à la pêche aux gros
noms.
Au cours des prochains jours, nous
serons bombardés d’annonces spectaculaires et de sommes d’argent
abyssales garanties aux meilleurs joueurs de football de la planète.
Invariablement, certaines formations seront des plus actives, alors
que d’autres regarderont passer la parade, au grand dam de leurs
partisans le plus souvent. Quand tout ce cirque sera fini, nous
établirons la liste des gagnants et des perdants de la cuvée des
agents libres et nous rebrasserons les Power Rankings. Sauf que,
comme le classement le rappelle chaque année, c’est en automne que
les victoires comptent, pas au printemps!
Lorsqu’une équipe va chercher un
gros nom, elle le fait évidemment dans l’espoir que le joueur
devienne un leader au sein de la formation et transforme ce qui est
souvent une faiblesse en force. L’équipe espère un impact
immédiat de son nouveau venu qui la fera bondir au classement.
Finalement, l’objectif jamais avoué, mais néanmoins toujours
présent de vendre des billets n’est jamais bien loin, même si
dans la riche NFL, c’est moins vrai qu’au hockey (pensez au
Minnesota l’été passé) ou au base-ball (les Blue Jays cet
hiver).
En mars dernier, deux gros noms
retenaient l’attention, soit Peyton Manning et Mario Williams. Tous
2 ont paraphé de faramineux contrats de 96 millions, ou, si vous
préférez, d’un paiement de pension alimentaire de Tiger Woods! A
Denver, le risque était immense, car à cette date l’an dernier,
l’état de santé de Peyton inspirait encore moins confiance qu’un
« je ne le savais pas qu’il était dans la Mafia quand
il a organisé mon dîner de financement » d’un politicien
Montréalais! Finalement, le pari a fonctionné à merveille et a
même permis à John Elway de se débarrasser de Tim Tebow, en qui il
n’avait visiblement pas confiance, sans créer d’émeutes. Je ne
suis pas certain que Manning dominera encore dans 4 ans à la fin de
son contrat, mais sa tenue fait des Broncos des prétendants au Super
Bowl pour quelques années encore. Ce fut tout le contraire à
Buffalo où Williams n’a ni amassé des stats dignes de son statut,
ni rendu les pochetons autour de lui meilleurs. Les Bills sont
demeurés les Bills, et ils sont maintenant pris avec un giga-salaire
qui accapare à lui seul près de 15 % du plafond salarial. Williams
peut évidemment se racheter, mais pour l’instant, il est bien
difficile de ne pas noter que les Bisons auraient pu obtenir 2
partants de qualité pour le même prix!
Car c’est un peu ça le problème
avec les agents libres. Il y a souvent surenchère et dans un
contexte de plafond salarial, il ne s’agit pas tout simplement de
dépenser de l’argent, mais bien de la distribuer avec équilibre
et intelligence. Lorsqu’une équipe investi 15 ou 18 millions sur
un joueur, elle perd inévitablement les moyens de se payer de la
qualité ailleurs sur le terrain. Il faut donc que le rendement du
gros salarié soit exceptionnel et que sa l’importance de sa
position justifie l’investissement.
Une
position où la demande est devenue disproportionnée est celle des
receveurs de passes. Si les salaires versés a des receveurs bons,
mais pas extraordinaires l'an dernier sont une indication,
il faut craindre les pires folies à l’endroit de la
cuvée relevée de cette année. Sur le terrain, les résultats furent
partagés. Vincent Jackson (55 millions sur 5 ans) a livré la
marchandise à Tampa et est devenu la cible préférée de Josh
Freeman. Lorsqu'en santé, Pierre Garçon (42.5 millions sur 5 ans) a
aussi su s'imposer chez les Peaux Rouges. Par contre, Robert Meachem
(25.9 millions sur 4 ans) ne s'est pas avéré un très bon
investissement chez les Bleus Poudres. Par ailleurs, il faut noter
que malgré l'imposant contrat consenti à V-Jax (ainisi qu’au OG
Carl Nicks et au CB Eric Wright) les victoires ont continué de fuir
le bateau de pirates. D'autres formations, dont les Browns, les
Bengals et les Jaguars, qui avaient des besoins en ce sens et de
l'espace sous le plafond, ont préféré suivre la voie du repêchage
pour dénicher leurs receveurs de passes. Là aussi, le bilan est
mitigé, alors que les Blackmon, Gordon, Sanu et White ont montré
certaines promesses pour le futur, mais rien de bien concret en 2012.
Par contre, à défaut de livrer de grands résultats, ces
joueurs n'ont pas coûté trop cher.
Souvent
influencée par la taille et l'attrait qu'exerce leur marché,
la philosophie des équipes diffère au sujet de l'embauche de
joueurs autonomes. L'essentiel du noyau qui a permis aux Packers de
soulever le trophée Vince Lombardi il y a 2 ans est le produit de
bons repêchages. Vous entendrez rarement parler des têtes
fromagées à l'ouverture du marché des agents libres. Des Bengals
non plus d'ailleurs, mais dans leur cas c'est plus leur
côté pingre qui explique leur inaction malgré des sommes
disponibles considérables. Une telle attitude met beaucoup de
pression sur le dépistage de talent et l'extrême incompétence de
la formation à ce niveau a conduit aux 15 années de misère
des tigrés des années 90-2000. Par contre, depuis qu'ils repêchent
bien, cette philosophie leur a permis de se bâtir un bon jeune club
comportant beaucoup plus de bons éléments que ce qu'ils auraient pu
assembler via les agents libres. D'ailleurs, c'est rare qu'un
championnat se remporte grâce aux ajouts de mars. Le "Dream
Team" des Eagles a planté encore plus vite qu'une action de
Nortel en bourse et les fans des Redskins gardent en mémoire
tous les échecs retentisssants des grands coups de poker d'Ed Snyder
(Albert Haynesworth anyone?). Par contre, il faut reconnaître que
les Bears connaissent du succès avec une approche basée davantage
sur l'embauche de vétérans (Peppers, Cutler, Marshall) et que, même
si c'est moins vrai dernièrement, Bill Belichick a souvent
eu la main heureuse avec ses acquisitions.
Comme vous
le voyez, je ne suis pas vendu à l'idée de réaliser des coups
d'éclats à ce temps-ci de l'année. Un gros nom peut complémenter
une bonne équipe une fois de temps en temps, mais souvent, celles-ci
vont surpayer des joueurs qui ne valent pas le fric qui leur est
dévolu. De votre côté, de quel bord penchez-vous? Si vous étiez
installé dans un fauteuil de DG aujourd'hui, seriez-vous agressifs
ou passifs?

J'aurais tendance à être passif et de fonctionné par le repêchage car je ne connais pas d'équipe (tous sports confondu) qui ont gagné un championnat par le marché des joeurs autonome ! Une pensée au Rangers de New-York héhé :)
RépondreSupprimermais encore là tous dépend de comment ton club à été construit lorsque tu prends le contrôle car s'ils ont fait des bons repêchages et que tu crois qu'il te manque juste un gros ajout pour rêvé au super bowl, GO !
le temps parfait pour ramasser de la profondeur a cout raisonable... mais tu bati pas un club comme sa.
RépondreSupprimerJe crois que pour la majorité des sports, les agents libres sont des pièges a éviter pour la construction d'une équipe.
RépondreSupprimerLes équipes doivent d'abord et avant tout, avoir un excellant système pour repêrer les bons joueurs a repêcher. Avec le plafond salarial et la nouvelle convention collective, il ne coûte plus très chèr avoir des recrues. C'est le moment rêver pour créer de la profondeur au sein de ton équipe et de ne pas avoir besoin d'aller chercher des agents libres.
Une fois que ton équipe à pas mal pris sa forme et qu'elle est prête à accèder au niveau supérieure, c'est le moment d'aller chercher des agents libres afin de combler les faiblesses de ton équipe et d'en faire une force.
Encole là, il faut faire attention pour ne pas trop surévaluer un joueur. C'est n'est pas parce qu'il y a un gros nom que c'est nécessairement lui que tu dois viser.
Bref, je sais aussi qu'un DG peut avoir les mains liés aussi des fois. Je sais que je pars dans une direction opposé, mais je lisais l'autre jour un article dans le sports illustrated qui rejoint ce que j-r disait pour la vente de billet. Sans en faire une dicertation, l'article expliquait en gros que la manager des Red sox avait eu les mains liés par le département marketing du réseau de TiVi privé des Red Sox pour faire l'embauche d'agents libre "sexy" au niveau marketing.
Bref, dans un monde parfait, je crois que les agents libres doivent être la dernière pièce du puzzle et non la base de la solution.