La victoire d’hier aurait du être plus éclatante mais l’objectif est atteint: le Canadien est qualifié pour les séries. Alors que tous les observateurs confinaient les Glorieux au 12e ou 13e rang dans l’Est, voilà qu’ils deviennent la première équipe de la conférence à confirmer son ticket pour les vraies affaires. Nous sommes officiellement impressionnés et offrons nos félicitations à l’organisation.
Guy Carbonneau a bien su gérer son personnel de joueurs, un bel exploit considérant que l’équipe a trainé des soldats excédentaires toute la saison. À part de petites déclarations d’insatisfaction de Mathieu Dandenault et les enfantillages de Grabovski, les joueurs relégués à la galerie de presse ont avalé la pilule sans trop rechigner. Les Bégin, Smolinski, Kostopoulos, Brisebois ont compris leur rôle et ont pensé à l’équipe. Chapeau.
De son côté, Bob Gainey a continué à s’en tenir à son plan malgré la pression ambiante. Il faut de la détermination pour ne pas paniquer quand tous les médias et de nombreux fans nagent constamment entre l’intense partisannerie et la psychose. Au cours des deux dernières saisons Gainey a réussi à surmonter plusieurs situations difficiles, sans perdre sa dignité: l’atroce échange de Ribeiro, deux blanchissages à la date limite des transactions, le départ de Souray, la non-signature de Brière, l’échange de Huet contre pas grand-chose… Toutes ces embuches auraient ébranlé bien des DG mais Gainey a maintenu le cap et on se retrouve aujourd’hui avec une équipe jeune, talentueuse et avec de la place en masse en dessous du plafond.
Pour ce qui est du match d’hier, le CH a été étincelant pendant 40 minutes mais a relaxé pas mal trop en troisième. Espérons que les joueurs s’en souviendront. Ultimement, c’est seulement le résultat qui compte et aujourd’hui le Canadien a sept points d’avance sur les Sénateurs en tête de la division Nord-Est, c’est ça l'important.
La LHJMQ en folie: Décidemment, la Ligue Junior Majeure ne fait parler d’elle que lorsqu’elle prend des allures de WWF. Voir Patrick Roy pointer son fils pour qu’il pète la yeule de l’autre gardien, ca rappelait Bobby Heenan. Ce genre de cirque est commun depuis que l’ami Patrick est instructeur des Remparts et franchement, il serait temps que quelqu’un fasse quelque chose.
Tout le monde dit que Gilles «Rain Man» Courteau ne peut agir car il mange dans la main de Roy et du propriétaire, un quelconque Tanguay. C’est probablement vrai mais il est impossible de nier que ce genre de sparages vient chercher le public cible de la LHJMQ. Historiquement, depuis 1975 mettons, tous les circuits mineurs qui ont eu du succès au Québec ont mis l’accent sur la violence et les rivalités malsaines. Que ce soit la LHJMQ à la «belle époque» de Michel Bergeron et Ron Racette, la Ligue Sénior des Chiefs de Laval ou même la LHJMQ au moment où les Frères Morissette détenaient le ¾ des équipes, il y avait toujours un cycle pètage de yeule – vengeance. C’est vendeur.
Sans juger les gens qui vont voir un match de hockey junior, il semble y avoir une corrélation directe entre les bonnes assistances et la violence systématique. Les médias sont crinqués suite aux évènements mais je suis sûr que les gens qui ont des billets pour les prochains matches de la série Remparts-Saguenéens ont bien hâte de voir ce qui va se passer et qu’aucun d’entre eux ne sera suffisamment outré pour bouder le match. À une époque où tous les matches du Canadien sont à la télé et où les abonnés du câble peuvent avoir un match de la LNH pratiquement tous les soirs, il faut une valeur ajoutée pour attirer les fans et la LHJMQ a placé ses œufs dans le panier de la bataille et des engueulades entre coaches. Ca remplit probablement certains de leurs amphithéâtres mais ca rebute aussi de nombreux clients potentiels.
On ne connait pas encore les sanctions imposées à Roy et ses joueurs mais mettons que dix matches de suspension pour Patrick, ce serait juste. Quant aux joueurs, ils sont à nos yeux des victimes de la folie de leurs dirigeants mais Jonathan Roy devrait écoper d'une sérieuse suspension, histoire de faire réfléchir le paternel. Certains diront que c'est pas correct de faire payer le fils pour les erreurs du père... Tough shit.
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