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jeudi 26 juillet 2012

NFL Book: Le jour où les Eagles n’ont pas voulu céder

S’il est une action défensive appréciée du public pour ses valeurs de courage d’abnégation et de sacrifice, c’est sans aucun doute le Goal Line Stand. En effet, chaque joueur défensif, qu’il ait un profil costaud ou plus fluet, doit se fondre dans un collectif afin de former une muraille infranchissable, un seuil puissant et frondeur qui ne cédera pas un pouce de terrain.

Bien entendu, chaque saison nous apporte son lot de Goal Line Stands épiques, au cours desquelles quatre tentatives ou plus ne suffisent pas à l’attaque adverse pour concrétiser. Ces dernières années, les Minnesota Vikings de Jared Allen et du “Wiliams Wall” ont acquis une jolie réputation défensive en battant les Bears, les Packers d’Aaron Rodgers ou encore les Chiefs sur des Goal Line Stands d’une remarquable efficacité (voir ici).

Mais il existe des moments défensifs encore plus forts que ceux livrés par les hommes du Minnesota. Celui qui nous intéresse aujourd’hui se passe lui aussi en saison régulière, le 25 octobre 1992, au cours d’un match d’une intensité défensive rare. Le match en question oppose les Eagles, l’une des toutes meilleures escouades défensives de la ligue, aux Cardinals, qui ont bien du mal à faire vivre leur attaque et qui misent beaucoup sur la défense pour redresser une saison bien mal engagée.


Les Eagles affichent un bilan de 4-2, après un début en fanfare à 4-0, et doivent à tout prix remporter cette confrontation automnale s’ils veulent enfin décrocher un Graal que bon nombre d’observateurs sont enclin à leur offrir. Il faut dire que les Aigles ont livré une saison 1991 de toute beauté en terminant avec des statistiques défensives époustouflantes : Première équipe contre la course, première contre la passe mais aussi première en nombre de Turnovers forcés pour la défense bâtie par le magicien Buddy Ryan.

Autre donnée importante, l’équipe des Eagles annonce qu’elle sera en mode “Bring It For Jerome” pour toute la saison. En effet, le Defensive Tackle Jerome Brown, dominant, 2 fois Pro Bowler et deux fois All Pro, vient de perdre la vie dans un accident de voiture durant la saison morte. Lancé à grande vitesse au volant de sa Chevrolet Corvette, le joueur de 27 ans a perdu le contrôle… Drame de la vie. Pour les Eagles aussi il s’agit d’un drame, émotionnel et footballesque, Brown étant une pièce maîtresse de la D-Line. Dès le 6 septembre 1992, le numéro 99 de Jerome Brown est retiré et son fantôme plane à chaque rencontre au Veterans Stadium. Toute l’équipe, l’escouade défensive en tête, veut lui ramener un titre et donnera tout, match après match, pour y arriver.


La défense se doit d’être au top, l’attaque offrant plusieurs inconnues de taille, à commencer par la santé du QB Randall Cunnigham, de retour de blessure après un an sans jouer suite à un arrachement des ligaments croisés antérieurs. Sa vitesse et son agilité ont, dit-on, légèrement baissées… Si l’on ajoute à cela un Free Agent continuellement prometteur mais pas toujours inspiré avec les Cowboys puis les Vikings en la personne d’Herschel Walker, on peut dire que rien n’est sûr concernant l’attaque… Il existe cependant une bonne chance de titre si tout ce petit monde retrouve ses sensations.

Quoi qu’il en soit, les 64 676 Fans présents ce jour là auront avant tout retenu le courage et le mental de leur équipe tout au long de ce match, mais aussi de la saison. Un état d’esprit qu’illustre parfaitement l’incroyable Goal Line Stand qui va mettre à genoux les Cardinals. Récit.


D’un côté, l’attaque des Cards avec le QuB Chris Chandler et le RB Johnny Johnson. De l’autre, une défense terrible emmenée par les deux DE’s Reggie White et Clyde Simmons, le Linebacker Seth Joyner et le Cornerback Eric Allen. Au cours du match, les défenses ont pris le pas sur les attaques et les Eagles mènent par le score étriqué de 7-3, Randall Cunningham ayant trouvé Calvin Williams pour le TD. Mais les Cardinals, en dépit d’un Running Game déplorable, se retrouvent en très bonne position à la fin de la première mi-temps. En effet, Cunnigham est intercepté dans son camp par le CB Aeneas Williams qui retourne pour 23 verges et qui est plaqué sur la ligne des 3… Les Cards se retrouvent donc avec un 1st & 3 à jouer à 3.33 de la fin de cette période…

Sur le First Down, le RB (et KR) Johnny Bailey gagne 2 verges. 2nd & Goal. Chris Chandler tente alors un QB Sneak mais il est repoussé et, alors qu’il essaye d’étirer ses bras pour faire passer le ballon, celui-ci lui est arraché et tombe au sol, recouvert par le DT Mike Pitts. Mais alors que Phila commence à se congratuler, un Flag vient gâcher les célébrations… Le LB Britt Hager est en effet pénalisé pour un Offside.


Les Cardinals n’ont alors plus qu’une demi verge à parcourir en trois tentatives (2nd Down). C’est à nouveau Bailey qui hérite du cuir, mais il est plaqué par le DT Mike Golic et le MLB Byron Evans pour une perte d’une demi verge. Le doute s’installe. Alors en 3ème et 1, Bailey se lance pour un nouvel assaut et est stoppé une nouvelle fois… Oui mais… Flag ! Hager, encore lui, est de nouveau pénalisé pour un Offside. La maladresse du Linebacker semble vraiment être de trop pour venir à bout de cette périlleuse situation…

Les Cards repartent avec un troisième Down et quelques pouces à parcourir. C’est cette fois-ci Chris Chandler qui s’y colle avec un deuxième QB Sneak. No Gain. Mais… Offside une nouvelle fois !!! Cette fois ci, c’est William Thomas qui s’est élancé trop tôt. Troisième Down et un quart de verge !

Le public est bouillant, hargneux, et cela se propage jusque sur le terrain où les joueurs ne lâchent rien. Bailey revient à la charge avec un plongeon mais il est repoussé par Evans. 4e et les buts sur la ligne des 1. Le Coach des Cardinals Joe Bugel sent que la situation lui échappe et demande un temps-mort. Les Cards vont tenter le coup, tout le monde le sait. Une nouvelle fois, c’est Bailey qui prend le Handoff et qui fonce… tout droit sur Reggie White qui, aidé d’Hager, cette fois-ci plus inspiré, stoppe le Running Back. Cette fois, c’est bien fini.

Après 7 jeux, dont 6 tentatives pour moins d’un verge, cette incroyable guerre des tranchées est finalement remportée par les Eagles, ce qui leur permet de rentrer aux vestiaires sur un score de 7-0. Boostée par cette action d’anthologie, la défense finit le match tambour battant et n’encaisse qu’un petit placement. Résultat, le match est remporté 7-3, et les Eagles peuvent toujours rêver du titre.

Ils finiront la saison en deuxième position de la NFC Est derrière les Cowboys avec une fiche de 11-5 et une qualification pour les Playoffs. Des Cowboys emmenés par la “Triplette” Aikman-Smith-Irvin qui viendra contrarier le joli dessein des Eagles qui, après une victoire contre les Saints en match de Wild Card, s’arrêteront le 10 janvier en finale de division sur une défaite 30-14.

La suite sera de moins en moins rose pour les Eagles puisque Reggie White décidera de partir pour Green Bay durant la saison morte, ce qui affaiblira grandement le rendement de l’escouade défensive et de l’équipe toute entière. White ira même glaner un titre avec les Cheeseheads pendant que les Aigles commenceront à s’enliser dans la NFC Est des Cowboys et des Giants. Cependant, personne n’oubliera jamais ce Goal Line Stand, et chaque Fan peut être fier de ce que les Eagles ont accompli ce 25 octobre 1992. Ce qui est certain, c’est que Jerome Brown l’aurait été!

Article écrit par Domancik43 du site NFL Book

jeudi 14 juin 2012

NFL Book: Le jour où Y.A. Tittle a abdiqué

Notre bon ami Domanick 43 du site NFL Book est de retour en action après une absence forcée et il nous offre aujourd'hui l'histoire de la fin de carrière d'un grand QB.

Comme chacun sait, la blessure est un élément important de toute carrière professionnelle. Par une affreuse coïncidence, elle intervient le plus souvent au moment où l’on s’y attend le moins et vient vous foudroyer dans une période où vous pensez pouvoir réaliser les plus belles années de votre carrière.

Je vous propose aujourd’hui de nous intéresser à une histoire plus ou moins en rapport avec cette introduction, puisqu’elle montre assez bien qu’un simple choc peut vous pousser à envisager de jeter l’éponge. Voici donc l’histoire de Y.A Tittle, un joueur d’exception qui aura du attendre, en dépit d’une énorme carrière, d’exposer sa souffrance et sa douleur pour entrer de plain-pied dans la légende de la NFL.


Bien entendu, Tittle est connu pour sa carrière resplendissante dans la grande ligue. Pourtant, ce qui le représente le mieux aujourd’hui, et ce qui restera surtout de sa personnalité, c’est une photo. Celle d’un joueur ayant perdu tous ses repères, abasourdi, terrassé, à genoux dans sa propre End Zone après avoir subi un plaquage dévastateur. Ce 20 septembre 1964, Morris Berman du Pittsburgh Post Gazette va prendre, sans même le vouloir, un cliché qui restera dans toutes les mémoires et qui deviendra une véritable icône de la NFL et du sport professionnel Américain.
Alors dans la dernière saison de sa carrière, le Quarterback des Giants, Y.A Tittle, est victime d’un plaquage terrible du Lineman des Steelers John Baker au moment même où il lance le ballon. Le résultat est lourd… Non seulement, Tittle prend très cher physiquement, mais il est dans le même temps victime d’une interception retournée pour le touhcé! Secoué autant par le choc que par l’erreur qui semble vouloir coûter définitivement le match aux Giants (défaite 27-24 au final…), il est alors photographié tête nue, en sang, à genoux dans sa propre zone des buts, apparemment incapable de se relever et de repartir au combat. Il faut dire que l’impact a laissé des traces puisque Tittle souffre sans le savoir d’une commotion ainsi que d’une fissure du sternum…

Pourtant, et bien que cette blessure soit intervenue lors du deuxième match de la saison, il se forcera à finir la saison dans ce triste état, rendant à l’arrivée une fiche médiocre de 2-10-2. Après cet échec, il préfèrera prendre sa retraite à la fin de cette saison cauchemardesque. On ne saura certainement jamais vraiment si le plaquage aura eu une incidence dans sa prise de décision…

Au sujet de cette photo d’anthologie, Tittle déclara tout d’abord ne pas avoir voulu la voir, puis changera d’avis en 2009, l’insérant même dans son autobiographie intitulée “That Was The End Of The Road”, revenant sur le plaquage et déclarant : “It was the end of the road. It was the end of my dream”. Après sa carrière pro, Chris Baker utilisera lui aussi l’image pour se promouvoir et poser sa candidature au poste de shérif de sa ville, Wake Country en Virginie. Il fut d’ailleurs élu et y servit pendant 25 ans. Pour ainsi dire, la photo fait presque partie du patrimoine Américain et orne bien souvent nombre d’affiches diverses et variées.

Pour la petite histoire, cette photo légendaire a bien failli ne jamais être vue du grand public puisque les hommes du Pittsburgh Post Gazette cherchaient d’abord à publier des photos d’actions du match et non celle d’une blessure et d’un homme en souffrance. Le cliché fut donc d’abord rejeté. Cependant, devant la puissance émotionnelle de la photo, le photographe Morris Berman “himself” décida de la présenter à des concours, ce qui la fit connaître à tous. Une sage décision qui a dans un certain sens changé la façon de percevoir le Football Pro et qui trône sur l’un des prestigieux murs du Pro Football Hall Of Fame à Canton.


Toute cette histoire n’a d’ailleurs pas empêché Tittle d’entrer lui aussi au Hall Of Fame en 1971 et a peut-être même contribué à rendre humain un Quarterback jusqu’alors considéré comme une machine en montrant un joueur qui vient d’atteindre ses limites. Il faut dire que cet ancien des Colts et des Niners affiche des stats gargantuesques en carrière : 33 070 verges pour 242 TDs et avec 6 369 verges et 69 TDs sur les deux seules saisons 1962 et 1963, lui qui avait été raillé en raison de son âge avancé au moment de l’échange l’envoyant aux Giants. Il compile également 7 Pro Bowls, 3 sélections All Pro, a été élu 2 fois MVP de la ligue et son numéro 14 a été retiré par les Giants. Malheureusement, il n’aura jamais réussi à gagner le titre, un rêve qu’il évoquait précédemment dans sa citation, avec 3 finales successives perdues. Pour quelqu’un qui s’appelle Tittle, c’est un comble !

Le saviez-vous ? : Y.A Tittle apparaît dans le film d’Oliver Stone « Any Given Sunday ». Il y joue le rôle de l’antipathique Head Coach de Chicago.

vendredi 22 juillet 2011

L’origine du nom des équipes de la NFL : la NFC Sud

Domanick43 termine aujourd’hui a série estivale sur les noms d’équipes. Une dernière fois, vous allez pouvoir découvrir les noms auxquels certaines Franchises ont échappé, mais aussi les cheminements qui ont fait que certains noms ont été choisis…

Atlanta Falcons : En 1965, juste avant que la concession ne voit le jour, les Dirigeants de la future équipe d’Atlanta lancent un concours afin de trouver un nom. 1 300 votes sont enregistrés pour un total de 558 noms différents. Le nom de “Falcons” revient à plusieurs reprises, mais ne se détache pas suffisamment pour être entériné si rapidement. Un argument va néanmoins faire pencher la balance en faveur de ce nom. Il est apporté par une certaine Julia Elliott, qui exerce le métier de professeur de se secondaire dans la ville de Griffin en Georgie. Elle déclare en effet : “Le Faucon est fier et digne, il a un grand courage et beaucoup de combativité. Il ne lâche jamais sa proie. C’est implacable. Tout cela convient parfaitement à la tradition sportive”. Devant de tels arguments, le nom est définitivement confirmé quelques jours plus tard par le Front Office. Une bonne décision lorsque l’on prend connaissance des autres suggestions : “Knights”, “Bombers”, “Rebels”, “Crackers”, “Trashers”, “Lancers”, “Firebirds”, “Firenuts”, et même les “Awesome Guys”…

Tampa Bay Buccaneers : Un mois seulement après l’annonce de la création de la Franchise en 1976, un conseil consultatif examine près de 400 noms différents, tous proposés par le biais d’un jeu-concours organisé par une radio de la ville. C’est le nom de Buccaneers qui est retenu devant deux autres sérieuses propositions : les “Buzzards” et les “Sea Horses”. A noter que d’autres noms aussi significatifs qu’étranges ont été proposés, comme par exemple celui de “Mafia”. S’agissant de ce dernier Nickname, on se dit que l’on a tout de même échappé au pire… En effet, si ce nom aurait pu trouver un certain écho auprès des Fans, le nom de Tampa Bay Mafia n’aurait certainement pas plu au commissaire de l’époque, ni aux suivants d’ailleurs…

New Orleans Saints : En 1966, la NFL annonce dans un communiqué qu’une nouvelle Franchise va voir le jour en Louisiane, à Nouvelle-Orléans. Cette annonce est faite le 1er novembre, le jour de la Toussaint, “All Saints” en Anglais. Un premier élément de réflexion juste avant qu’un concours ne soit organisé auprès des Fans de la ville… Le nom de Saints y est proposé en masse. Ce Nickname aurait tout de même certainement été choisi – date ou non – en raison de la chanson phare de la capitale mondiale du Jazz, “When the Saints Go Marching In”. Un nom de Franchise NFL qui est donc l’un de ceux à vraiment couler de source.

Carolina Panthers : En 1995, une nouvelle équipe d’expansion voit le jour en Caroline du Nord. Le président Mark Richardson, fils du propriétaire de la Franchise Jerry Richardson, choisit seul le nom de Charlotte Panthers (avant que certaines exigences financières n’obligent l’équipe à se renommer Carolina Panthers). Mark Richardson est également à l’origine des trois couleurs de l’équipe, le bleu, l’argent et le noir, arguant qu’il devait y avoir une certaine “synergie” entre le nom et les couleurs. Il n’a cependant jamais expliqué ce qui l’avait poussé à choisir ce nom. Les observateurs supposent tout de même qu’il cherchait avant tout, comme pour toutes les autres Franchises, à donner un côté agressif à son équipe.


jeudi 21 juillet 2011

L’origine du nom des équipes de la NFL : la NFC Est

Domanick43 décortique aujourd’hui le cheminement intellectuel des propriétaires qui ont choisi les noms des équipes de la NFC Est. Une division intéressante, riche en anecdotes, qui nous fait découvrir les usages en vigueur à une époque pas si lointaine…

Dallas Cowboys : Ce nom vous semble certainement couler de source pour l’équipe Texane, il est pourtant bon de savoir que la concession a bien failli s’appeler les Rangers ! En effet, baptisée provisoirement “Steers” juste après sa création, l’équipe décide de trouver un nom définitif quelques semaines plus tard. Et c’est le nom de “Rangers” qui est choisi et entériné… mais pas pour longtemps. En effet, dans le même temps, une équipe de baseball de ligue mineure fait savoir qu’elle porte déjà ce nom, mais qu’elle est disposée à le céder, car elle doit être dissoute avant le début de la saison de Football 1960. Contre toute attente, l’équipe de Baseball décide de jouer un an de plus, et la Franchise de Dallas se voit contrainte de choisir un autre nom pour éviter toute confusion. Clint Murchison Jr. et Bedford Wynne, deux des propriétaires de l’époque, se mettent alors d’accord sur le nom de “Cowboys”. Un choix par défaut qui nous paraît pourtant aujourd’hui judicieux. Le nom de Rangers est évidemment aujourd’hui utilisé par l’équipe du baseball majeur évoluant à Arlinton, à côté de Dallas.

Philadelphia Eagles : La Franchise NFL des Frankford Yellowjackets, fondée en 1924, joue dans la ville de Philadelphie depuis sa création. Cependant, lorsque Bert Bell et Lud Wray arrivent à la tête de l’équipe et qu’ils décident d’installer une grande Franchise à Philadelphie en 1933, ils décident de changer le nom. A cette époque, le pays peine à se relever de la la Grande Dépression, et le nouveau Président Franklin D. Roosevelt vient d’instaurer le programme du “New Deal” au travers de la National Recovery Administration. L’emblème de cet organisme pour le redressement industriel national n’est autre qu’un aigle. Bert Bell décide alors d’appeler son équipe les Eagles, d’abord en hommage au programme, mais aussi car il pense que son équipe a également besoin d’un “New Deal” pour conquérir la Ligue.


New York Giants : En 1925, le propriétaire Tim Mara “offre” à New York sa toute première équipe professionnelle de Football, pour une somme avoisinant les 550$ Un investissement rentable ! Il choisit seul le nom de sa Franchise et décide de l’appeler “Giants” puisque son équipe jouera sur le « Polo Grounds », terrain de l’équipe des Giants du baseball majeur. (dont le nom provient de la taille « géante » des bâtiments de la ville). Bien que difficilement compréhensible de nos jours, la pratique était à l’époque monnaie courante et les exemples sont légion (New York Yankees, Brooklyn Dodgers, Cleveland Indians, Cincinnati Reds, Detroit Tigers…). On a ad’ailleurs longtemps appelé l’équipe de football les « New York Football Giants ». Si l’équipe de Baseball a aujourd’hui quitté le Big Apple pour San Francisco, l’équipe de Football est elle devenue une véritable institution à New York.

Washington Redskins : En 1932, George Marshall et plusieurs autres actionnaires acquièrent une concession dans la NFL, et lui donnent le nom de Boston Braves, le même nom que l’équipe de Baseball locale, avec qui ils partageront le stade. Malheureusement pour la nouvelle Franchise, la première année est désastreuse d’un point de vue financier. Marshall décide alors de faire jouer son équipe au Fenway Park afin de lui redonner un certain élan. Il en profite aussi pour changer le nom, et là deux théories s’opposent. La première veut que Marshall, qui souhaitait se démarquer de l’équipe de Baseball des Red Sox tout en intégrant une consonance qui rappellerait leur nom, ait choisi Redskins. La seconde, qui semble être pour les experts plus proche de la réalité, veut que Marshall ait voulu rendre hommage au Coach de l’équipe William Henry « Lone Star » Dietz, qui avait du sang indien dans les veines. Quoi qu’il en soit, le nom sera gardé au moment du déménagement à Washington en 1937, même si certains groupes de descendance Indienne se plaignent encore aujourd’hui du coté offensant et stigmatisant de ce nom.



mercredi 20 juillet 2011

L’origine du nom des équipes de la NFL : l'AFC Sud

C’est le tour de l’AFC Sud de passer sous la loupe de Domanick43. Vous aller pouvoir y découvrir un propriétaire déterminé, un héros anonyme, et les noms auxquels de jeunes franchises ont échappé…

Houston Texans : Après que Houston se soit vus attribuer la 32ème Franchise NFL le 6 octobre 1999, plusieurs groupes de discussion sont formés afin de trouver un nom adéquat à la nouvelle équipe. Le 2 mars 2000, les services de communication de l’équipe annoncent avoir encore à choisir entre 5 noms : Appolos, Stallions, Texans, Bobcats et Wildcatters. Dans un premier temps, un mois après cette annonce, la liste est réduite aux trois premières propositions. Enfin, après mûre réflexion, tout le monde est d’accord pour entériner le nom de Texans. Le nom, les couleurs et le logo de la Franchise seront présentés à la presse le 6 septembre 2000, en plein centre ville de Houston.

Indianapolis Colts : En 1946, les Miami Seahawks, qui jouent alors en AAFC, se voient relocalisés à Baltimore. La ville du Maryland accueille là sa toute première Franchise professionnelle et participe au championnat dès 1947. Avant le début de la saison, un concours est organisé auprès des Fans afin de trouver un nouveau nom à la Franchise. Le concours est gagné par un certain Charles Evans, habitant à Middle River et médecin de son état, qui a proposé le nom de Colts. Son raisonnement a été le suivant : “ Les Colts (qui signifie “Poulains”) seront la plus jeune équipe de la ligue, le Maryland est célèbre pour ses chevaux de course et son histoire en matière d’élevage et de courses de chevaux, le nom se prononce facilement et s’insérera parfaitement dans la manchette des journaux ”. Malheureusement, l’équipe est dissoute en 1950, mais le nom sera repris lorsqu’une concession renaîtra à Baltimore en 1953. A son déménagement à Indianapolis en 1984, le nom sera une fois encore conservé.


Jacksonville Jaguars : Un concours est lancé auprès des Fans dès 1991 pour trouver un nom à la 30ème Franchise NFL, 2 ans avant que l’équipe d’expansion de Jacksonville ne voit le jour. Beaucoup d’entrées sont enregistrées, mais plusieurs noms se détachent et sont retenus pour être finalistes : “Sharks”, “Stingrays”, “Jaguars” et même “Panthers”, qui sera le nom donné à l’autre nouveau club qui naît cette année là en Caroline. Après un dernier conciliabule, c’est finalement “Jaguars”, le nom qui avait d’ailleurs rassemblé le plus de votes, qui est définitivement retenu le 6 décembre 1991.

Tennessee Titans : L’histoire commence à Houston en 1960 avec la Franchise des Oilers, un nom qui sied à ravir à une équipe Texane plutôt conservatrice. En 1996, la Franchise déménage dans le Tennessee mais garde tout de même le nom de Oilers durant 2 saisons. Mais le Nickname n’a désormais plus rien à voir avec la ville de Nashville, et il est grand temps de commencer une nouvelle ère. Le propriétaire Bud Adams forme alors un comité chargé de trouver un nouveau nom. Dans le même temps, un concours ludique baptisé “Guess The Name” est lancé afin de recueillir les propositions de la population. Ce concours ne sera malheureusement qu’une manière d’intéresser le public, Bud Adams et son dévoué comité ayant depuis bien longtemps choisi le nouveau nom : “Titans”. Selon lui, ce nom représente la force, le Leadership et les qualités héroïques nécessaires pour gagner. De plus, et toujours d’après lui, les Titans viennent comme chacun sait de la mythologie grecque, et Nashville est connue pour être l’“Athènes du Sud”, en raison de ses nombreuses institutions de haut savoir. La boucle est donc bouclée, et le nom plus que jamais approprié.

lundi 18 juillet 2011

L’origine du nom des équipes de la NFL : l'AFC Est

Domanick43 poursuit sa série sur les noms d'équipes avec la toujours populaire AFC Est. Vous allez pouvoir constater que l’Histoire avec un grand H, ainsi que la petite histoire des villes concernées sont une fois encore au rendez-vous…

Miami Dolphins : Un concours est organisé en 1965 auprès des fans pour trouver un nom à cette équipe d'expansion de la défunte AFL. Au total, 19 843 votants proposent plus de 100 appellations différentes. Si le nom de « Dolphins » revient le plus souvent (622 fois), une douzaine d’autres sont également retenus et proposés aux dirigeants du club ainsi qu’à un comité local constitué de sept personnes. Parmi les propositions soumises, certaines sont plus en rapport avec la Floride (Mariners, Sharks, Suns), d’autres plus audacieuses (Marauders), et quelques unes totalement farfelues (Missiles, Moons)… Au final, ce sera les « Dolphins ». Joe Robbie, propriétaire de la franchise à l’époque, dira beaucoup aimer le nom de son équipe, car « le dauphin est l’une des créatures les plus rapides et les plus brillantes de la mer ».

Buffalo Bills : Ce surnom fait bien entendu référence à William F. Cody, figure mythique de la conquête de l’Ouest et éminemment connu sous le nom de “Buffalo Bill”. Pourtant, à la création de la Franchise en AAFC, l’équipe de Buffalo porte le nom de « Bisons ». Seul problème, les équipes de ligue mineure de Baseball et de Hockey portent déjà ce nom et il est nécessaire pour la Franchise de se démarquer quelque peu. Après la saison 1946, le Front Office organise alors un concours afin de trouver une nouvelle appellation pour son équipe. Plus de 4 500 propositions sont enregistrées, mais le nom de « Bills » s’impose finalement devant  « Bullets », « Nickels » et « Blue Devils ». La continuité est donc assurée, puisque le nom de la ville, Buffalo, se traduit également en Français par Bison…

New York Jets : À sa création en 1960, la Franchise AFL de New York porte le nom de Titans. Elle en change après seulement 3 saisons, puisque dès 1963 la formation est rachetée par un groupe d’actionnaires constitué de 5 hommes, dont David Abraham « Sonny » Werblin, un industriel fou de sports. Ce dernier n’hésite d’ailleurs pas à faire signer l’ex Coach de Baltimore Wilbur « Weeb » Ewbank dès son arrivée à New York, puis de demander le changement de nom de la Franchise, arguant qu’il est temps pour l’équipe d’avoir une approche plus moderne des choses. Tout le monde accepte et Werblin propose le nom de Jets, appellation censée également refléter les performances stratosphériques qu’il attend de la part de ses joueurs. Autres arguments mis en avant, le nom rappelle celui de l’équipe des Mets au baseball, considérée comme plus proche du peuple que celle des Yankees (un exemple à suivre pour concurrencer les Giants) et le stade se trouve près de l’aéroport LaGuardia.

New England Patriots : Cette ancienne équipe de l' AFL, qui voit le jour en 1959 à Boston, est immédiatement nommée Patriots. Bizarrement, ce ne sont pas les dirigeants qui choisissent ce nom mais un groupe de chroniqueurs sportifs de la Nouvelle-Angleterre désireux de rendre hommage à leur ville, berceau de la Révolution Américaine (1775-1783), ainsi qu’au “Patriot Day” et à la “Midnight Ride” de Paul Revere dans la nuit du 18 avril 1775. Paul Revere est toujours considéré à ce jour comme l’archétype du patriote révolutionnaire Américain, mais aussi comme l’un des premiers industriels aux Etats-Unis.

mercredi 13 juillet 2011

L’origine du nom des équipes de la NFL : la NFC Nord

Nous continuons aujourd’hui notre voyage en passant au crible la genèse des noms NFL des Franchises du Nord. Une fois encore, vous allez pouvoir constater que les propriétaires ont toujours un petit avantage lorsqu’il s’agit de tranche, mais que les commanditaires peuvent aussi avoir leur mot à dire. Pour la première fois depuis le début de cette chronique, les Fans n’auront absolument rien à voir avec les « Nicknames » choisis, mêmes si ces derniers ont été bien accueillis par une grande majorité. Il faut dire que cette Division recèle de grands noms de la NFL lorsque l’on parle de propriétaires…

Detroit Lions : C’est George A. Richards, producteur radio de son état, qui choisit le nom seul après avoir acheté la Franchise des Portsmouth Spartans et l’avoir transférée à Detroit en 1934. Le porte parole de l’équipe se fera alors l’écho de Richards en déclarant : « The Lion is monarch of the jungle, and we hope to be monarch of the league ». Un nom imposé également en partie en raison de la prédominance des noms félins dans l’histoire sportive de la ville, comme les Tigers (Baseball) ou les Panthers (ancienne équipe de Football en 1927).

Chicago Bears : En 1921, George Halas déplace la Franchise APFA des Decatur Staleys à Chicago. Les Staleys – un nom qui leur venait de leur sponsor, la Staley Starch Company – jouent à l’époque au Wrigley Field, stade des Cubs. Halas garde ce nom pendant un an puis décide de changer dès la saison suivante. Il détermine alors fort logiquement que si l’équipe de Baseball s’appelle les « Cubs » (traduisez par Oursons), ses robustes combattants, plus grands et plus forts, se doivent d’afficher un nom beaucoup plus impressionnant. Son dévolu se jette sur un animal qui possède toutes les caractéristiques requises, l’ours. L’équipe devient alors les Bears.

Minnesota Vikings : C’est Bert Rose, le premier GM de la Franchise, qui est à l’origine de ce Nickname. En effet, c’est lui qui choisit seul ce nom et le propose au “Minnesota’s Board of Directors” en 1960, juste après la création de la Franchise. Ses arguments sont les suivants : beaucoup d’habitants du Minnesota ont une descendance et une culture Scandinave, et sans doute aussi peut-être un peu pour la peur qu’est censé inspirer le guerrier. Accepté sans problème, ce nom n’a jamais changé.

Green Bay Packers : En 1919, Earl “Curly” Lambeau et George Calhoun se réunissent dans la salle éditoriale du Green Bay Press-Gazette dans le but de créer une Franchise NFL. Dès 1920, Lambeau fait une demande de fonds à son employeur, “The Indian Packing Company” (une entreprise de conditionnement). Au travers de son directeur Frank Peck, qui trouve le projet attrayant, la société lui octroie 500 Dollars pour acheter des tenues et l’équipement nécessaire au jeu de Football, à la simple condition que le nom de l’entreprise soit mentionné dans celui de l’équipe. Lambeau ne va chercher bien loin et choisit le nom de Packers. La société périclitera mais sera remplacée par la Acme Packing Company, qui restera le sponsor de l’équipe. A la fermeture de ce repreneur, le nom est devenu naturel et l’équipe ne pense pas une seule seconde à le changer.

-ARTICLE ÉCRIT PAR DOMANICK43-

mardi 5 juillet 2011

L’origine du nom des équipes de la NFL : L’AFC Nord

Après avoir changé de conférence pour le dernier article, nous revenons aujourd’hui vers l’AFC et partons nous balader dans les Franchises des États du Nord. Une région au très fort héritage Historique qu’un homme a grandement contribué à faire naître, Paul Brown. Retour très intéressant et tout en anecdotes sur la genèse des noms portés par des Franchises au nombre de Fans grandissant.

Cleveland Browns : En 1945, la Franchise AAFC de Cleveland organise un concours ouvert aux Fans afin de trouver un nom pour la Franchise. La proposition la plus populaire est alors « Browns », en reconnaissance envers le premier Coach et General Manager de la Franchise, Paul Brown, une figure des sports dans l’Ohio. Trop flatté pour accepter l’honneur, Paul Brown met son veto et préfère choisir seul le nom de “Panthers”. Malheureusement ou heureusement pour lui – c’est selon – un souci juridique empêche Cleveland de porter le nom de Panthers (les droits étant déjà détenus par un businessman). Paul Brown change alors d’avis et accepte l’honneur qui lui est fait. Les Browns déménageront par la suite à Baltimore en 1996, mais devant l’héritage historique, ils ressusciteront dès 1999 en donnant leur nom à la nouvelle équipe de la ville.

Cincinnati Bengals : En 1968, le club d'expansion des Bengals voit le jour en AFL. Le tout nouveau propriétaire, manager et entraîneur Paul Brown, encore lui, n’est cette fois pas aller chercher le nom bien loin puisque les équipes de Football de la ville se sont toujours appelées ainsi. Les anciens Bengals jouèrent en effet en AFL en 1937, en tant que club indépendant en 1938, puis dans la nouvelle AFL de 1939 à 1941 avant que la ligue ne périclite. Paul Brown déclarera d’ailleurs avoir voulu créer un lien avec le passé, ce qui était très important à ses yeux.

Paul Brown, un monstre dans l'histoire du Football

Pittsburgh Steelers : A sa fondation en 1933, l’équipe de Football professionnelle de Pittsburgh décide de prendre le même nom que l’équipe de Baseball bien connue, les “Pirates”. Cependant, après 7 ans d’une identité partagée, le propriétaire Art Rooney veut se démarquer et décide de changer de nom. Il opte alors pour le nom de “Steelers” – les hommes de fer –, un clin d’œil à la forte concentration de fonderies, d’entreprises de métallurgie et de sidérurgie implantées dans la ville. Un nom qui lui plut tout de suite en raison de l’esprit travailleur des “Cols Bleus”, et qui lui aurait a priori été suggéré par l’épouse du responsable de la billetterie de la Franchise.

Baltimore Ravens : Après un passage à vide long de douze ans, Baltimore récupère une Franchise en 1996 lorsque les Browns de Cleveland décident de déménager. Le propriétaire de la Franchise, Art Modell, décide que le nom, les couleurs, et toute l’Histoire des Browns doivent demeurer à Cleveland. Un sondage est alors orchestré auprès des Fans par le journal “The Baltimore Sun” afin de prendre en compte leurs suggestions dans le choix d’un nouveau nom. A l’arrivée, c’est le nom de “Ravens” qui est retenu, devant “Americans” et “Marauders”. Un choix plutôt poétique lorsque l’on sait que le nom a été choisi en l’honneur d’Edgar Allan Poe, qui écrivit le poème “The Raven” (Le Corbeau) à Baltimore, ville dans laquelle il finit d’ailleurs ses jours.

Edgar Allan Poe à l'origine d'un Nickname NFL, qui l'eut cru ?


Article écrit par Domanick43

lundi 4 juillet 2011

L’origine du nom des équipes de la NFL : La NFC Ouest

Après l’AFC Ouest, nous restons aujourd’hui sur la Côte du Pacifique, mais nous changeons de conférence. C’est cette fois-ci au tour de la NFC Ouest d’être passée au crible dans notre tour d’horizon de l’origine du nom des Franchises NFL. Nous allons donc, une fois encore, nous intéresser aux tenants et aux aboutissants qui ont fait que nos équipes préférées portent tel ou tel « Nickname ». Let’s Go !

Seattle Seahawks : Ce nom vient tout simplement d’un concours organisé par les dirigeants de la franchise, à sa naissance en 1976. Plus de 20 000 personnes (20 365 pour être précis) proposèrent pas moins de 1 742 noms différents. A l’arrivée, c’est le Nickname « Seahawks » (les éperviers de mer…), proposé 151 fois, qui fut jugé le plus symbolique par le propriétaire de l’époque, Lloyd W. Nordstrom, en raison du lien spécial que la ville a tissé avec la mer. Le pauvre mourra d’une attaque cardiaque avant de voir le premier match de sa Franchise.

Saint Louis Rams : En 1936, une nouvelle Franchise AFL (American Football League) voit le jour dans la ville de Cleveland, et joint la NFL dès 1937. Le propriétaire principal de l’époque, Homer Marshman, est alors à la recherche d’un nom. Son DG Damon “Buzz” Wetzel, lui suggère celui de Rams, tout simplement car il est à l’époque un fervent supporter de l’une des meilleures universités du pays, les Fordham Rams (une université catholique privée située dans un quartier de New York). Marshman trouve que le nom sonne bien et approuve le choix, tant et si bien que Cleveland décide d’emprunter ce nom et de se baptiser ainsi. Les Rams ne changeront jamais de nom, pas même après leurs deux déménagements à Los Angeles (1946) puis à Saint Louis (1995).

La Franchise déménage souvent mais n'a eu qu'un seul nom jusqu'à présent


Arizona Cardinals : A l’origine, une équipe de Football jouant dans le Sud-Ouest de Chicago en 1898 s’appelait The Normals. Un nom qui changea dès 1901. L’anecdote veut que l’équipe jouait dans un Jersey marron (celui de University Of Chicago) qui, au fil des matchs, avait fini par pâlir et avait pris une couleur à mi-chemin entre le marron et le rouge, le Cardinal… Contrairement à une croyance populaire, l’oiseau appelé Cardinal n’a donc strictement rien à voir dans le choix du nom de l’équipe ! La Franchise se fit rebaptiser les Racine Cardinals, et ce nom fut gardé lorsqu’elle déménagea de Chicago (APFA) à Saint Louis en 1960. Il ne changea pas non plus lorsque la Franchise fit une nouvelle fois ses valises pour Phoenix en 1988.

San Francisco 49ers : L’appellation de 49ers est adoptée dès l’arrivée de San Francisco en AAFC (All-America Football Conference) en 1946. C’est le propriétaire Anthony J. Morabito qui choisit seul le nom, en hommage à l’histoire de la Californie, à ses pionniers, et à la ruée vers l’or de 1849 dans les montagnes de la Sierra Nevada. Ce nom était sensé selon lui démontrer un esprit conquérant et désireux d’aventure. La Franchise gardera son nom lorsqu’elle joindra la NFL en 1950.

Le tout premier logo de la Franchise (de 1946 à 1967), fortement inspiré de l'esprit des pionniers


Article écrit par Domanick43

dimanche 3 juillet 2011

L’origine du nom des équipes de la NFL : L’AFC Ouest

Vos Verges sont orientés farniente ces jours-ci alors nous nous tournons vers notre ami français Domanick43 de NFL Book pour cette divertissante série sur les noms des équipes de la NFL.

Pourquoi votre Franchise favorite porte-t-elle ce nom que vous aimez tant ? Pourquoi cette appellation plutôt qu’une autre ? Bien que loin d’être vitale, la question mérite d’être posée, car peut-être avez-vous jeté votre dévolu sur telle ou telle Franchise en raison de la sonorité ou de ce qu’évoque pour vous le nom de l'équipe. Je vous propose donc de faire un tour d’horizon NFL, avec l’origine du « Nickname » pour chacune des 32 équipes actuelles. Nous commençons aujourd’hui de manière totalement aléatoire par l’AFC Ouest, puis nous continuerons par les autres divisions prochainement, au gré de l’humeur du jour…

Denver Broncos : Ce surnom fut, comme beaucoup d’autres (vous allez le découvrir dans les jours à venir), décidé suite à l’organisation d’un concours qui se déroula durant le mois de janvier 1960. Denver ayant un héritage et une image liés au Far West, c’est le nom de Broncos qui en sortit vainqueur pour désigner l’équipe qui évoluait alors en AFL. À noter que l’équipe de baseball de Denver s’appelait déjà les Broncos en 1921.

San Diego Chargers : En 1960, la toute nouvelle franchise AFL de Los Angeles organise un concours afin de trouver un nom à son équipe professionnelle. Après avoir proposé le nom de « Chargers », Gerald Courtney, un supporter habitant à Hollywood, se voit offrir un voyage au Mexique tous frais payés, de Mexico City à Acapulco, les dirigeants ayant jugé son appellation la plus probante. Trois raisons sont avancées : le nom est dynamique et il sonne bien, le nouvel emblème du club est un cheval, mais surtout, il plait à Barron Hilton, tout nouveau propriétaire qui a carte blanche concernant les décisions. Même si la Franchise déménage à San Diego dès l’année suivante, ce nom est gardé, d’autant que le cheval du Président porte maintenant le nom de « High Voltage » en référence à l’ « éclair » des Bolts. Hilton, à l’époque grand ponte de la chaîne hôtelière du même nom (le grand-père de la tristement célèbre Paris Hilton…), dira d’ailleurs : « I liked it because they were yelling « Charge » and sounding the bugle at Dodgers Stadium and at USC games ».




Oakland Raiders : En 1960, l’équipe d’Oakland organise un concours afin de trouver un nom pour sa Franchise AFL. Les Fans votent en masse pour le nom de Senors. Cependant, celui-ci ne semble dans un premier temps pas convenir aux dirigeants. À tel point qu’avant que la saison ne débute, le Front Office opte pour le nom de Raiders, occultant totalement celui de Senors, en faisant en sorte que personne ne se souvienne de cette appellation, ni même du concours préalablement organisé. Le choix définitif du nom de Raiders n’est cependant pas réellement connu, même s’il apparaît comme étant celui du propriétaire principal Y. Charles « Chet » Soda et de ses actionnaires…

Kansas City Chiefs : Cette équipe, issue de l’AFL, a d’abord évolué à Dallas sous le nom de « Texans ». Elle fait ensuite ses valises pour Kansas City (Missouri). Un concours est alors proposé aux fans pour le choix du nouveau nom. Lamar Hunt, propriétaire du club, se laisse séduire par la proposition « Chiefs », qui rend hommage au maire Roe « The Chief » Bartle pour sa contribution à la franchise. Ce dernier, flatté, décide d’agrandir le stade et assure que l’équipe vendra trois fois plus de billets d’entrée qu’à Dallas. L’histoire ne nous dit malheureusement pas ce que le fan a gagné grâce à sa proposition.




Demain : la NFC Ouest

vendredi 27 mai 2011

Le Mur des Citations: Jack Lambert

Faisons un saut du côté de nos comparses français de NFL Book pour cet intéressant article sur l’immortel Jack Lambert, un gars qui n’aurait pas apprécié les règlements actuels de la NFL… Au clavier: Domanick43.

Sa mère disait qu’il possédait le «Farm boy strength» (la force du garçon de ferme), et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’expression représentait bien le personnage.

Jack Lambert, c’est une gueule, et ce dans les deux sens du terme. Sur le terrain, son faciès peu avenant pouvait laisser croire à l’adversaire qu’il allait le tuer, et ses coups de semonce pour bouger ses coéquipiers retentissent encore dans les travées du « Three Rivers Stadium ». Hard Hitter redoutable et redouté, voire effrayant, il frappait très fort dans l’intention avouée de laisser son opposant sur le carreau, et il doit être considéré comme l’une des pièces principales de la dynastie créée par les Steelers dans les années 70. Incroyable meneur d’hommes, il a donc remporté quatre bagues comme ses coéquipiers, mais il détient également tout un tas de distinctions : 9 Pro Bowls, 7 All Pro, Recrue défensive de l’année en 1974, Joueur défensif de l’année en 1976, Elu sur les All Decade Teams des années 70 et 80 et sur le NFL 75th Anniversary Team. Tout comme son compère Franco Harris, il a été élu au Temple en 1990.

Les citations qui suivent – qui proviennent de ce joueur détesté de tous mais aussi craint par tous, de coéquipiers ou d’adversaires – nous laissent sans surprise découvrir un homme dur et sans pitié, prêt à tout pour détruire les joueurs adverses, mais surtout un joueur passionné et entier.

-« If I could start my life all over again, I would be a professional football player, and you damn well better believe I would be a Pittsburgh Steeler. » (Si je pouvais recommencer ma vie, je serais Footballeur professionnel, et vous pouvez vraiment me croire, je serais un Steeler de Pittsburgh.) En 1990, lors de son discours d’introduction au Hall Of Fame.

-« Yes, I get satisfaction out of hitting a guy and seeing him lie there a while. » (Oui, j’ai de la satisfaction à frapper un gars et à le regarder étendu devant moi pendant un moment.)

-« I believe the game is designed to reward the ones who hit the hardest. If you can’t take it, you shouldn’t play. » (Je crois que ce jeu est fait pour récompenser ceux qui frappent le plus fort. Si vous ne pouvez pas l’accepter, vous ne devriez pas jouer.)

« I am very aggressive and very physical. On the field I guess I am just plain mean. » (Je suis très agressif et très physique. Sur le terrain, je suppose que je suis tout simplement méchant.)

-« The Steelers drafted guys who were bigger, stronger and faster than I, but they never found one who could take my job away from me. » (Les Steelers ont repêché des gars plus grands, plus forts et plus rapides que moi mais ils n’en ont jamais trouvé un capable de m’enlever mon job.)



-« Dreith said I hit Sipe too hard. I hit him as hard as I could. Brian has a chance to go out of bounds and he decides not to. He knows I’m going to hit him. And I do. History. Quarterbacks should wear dresses. » (Dreith (l’arbitre du match) a dit que j’avais frappé Sipe (QB des Browns) tardivement. Je l’ai frappé aussi fort que je pouvais. Brian pouvait sortir des limites du terrain, mais il a décidé de ne pas le faire. Il savait que j’allais le frapper. Et je l’ai fait. Fin de l’histoire. Les Quarterbacks devraient porter des robes.) Réaction de Lambert suite à son expulsion d’un match contre les Rivaux des Cleveland Browns pour «Late Hit».

-« I read about sports figures who say the idea of their having an impact on kids is overrated. We have a responsibility, and if I can keep one kid from going on drugs I’ve accomplished something.” (J’ai lu que certains sportifs disaient que leur influence était surfaite. Nous avons une responsabilité, et si je peux empêcher ne serait-ce qu’un garçon de toucher à la drogue, j’aurais réussi quelques chose.)

-« He’s so mean he hates himself. » (Il est si méchant qu’il doit se détester lui-même.) J.T Thomas, Defensive Back des Steelers.

-« We’ve all had heroes, and I know Jack Lambert was for me because I was a defensive guy. » (Nous avons tous eu des héros, et Jack Lambert était le mien car je suis un gars de la défensive.) Bill Cowher, une déclaration qui en dit long sur sa philosophie de jeu…

-« I don’t care for the man. He makes more money than I do, and he don’t have no teeth. He’s Dracula. » (Je n’aime pas l’homme qu’il est. Il se fait plus d’argent que moi, et il n’a pas de dents. C’est Dracula.) Le Linebacker Thomas « Hollywood » Henderson (Cowvoys), pas vraiment ami avec Lambert…

-« Lambert may have had the image of a wild man. But he killed you with his precision. » (Lambert pouvait avoir l’image d’un homme sauvage, mais il vous tuait avec précision.) Andy Russel, Linebacker des Steelers.


-« Jack Lambert IS the Pittsburgh Steelers. » (Jack Lambert EST les Pittsburgh Steelers.) Réaction de Sam Rutigliano, ancien Coach des Browns interrogé après une défaite.

-« Jack Lambert is mean and relentless wherever he goes, on and off the field ! I do remember many times he would chase me in practice but no way would I let him catch me. » (Jack Lambert est méchant, et ceci sans relâche, partout où il va, sur et hors du terrain ! Je me souviens que de nombreuses fois, il me poursuivait lors de l’entraînement, mais il n’y avait pas moyen que je le laisse me rattraper.) Franco Harris, intimidé par son coéquipier.

-« Off all the middle linebackers – Ray Nitschke, Willie Lanier, Dick Butkus – what set Jack apart was his ability to play the pass. » (De tous les Middle Linbackers – Ray Nitschke, Willie Lanier, Dick Butkus – ce qui fait de Jack un joueur à part, c’est sa capacité à défendre la passe.) Le Linebacker Jack Ham à propos de son coéquipier.

-« Jack didn’t need to psyche himself to play… He LIVED to play. » (Jack n’avait pas besoin de se mettre dedans pour jouer… Il vivait pour jouer.) « Mean » Joe Greene.

-« Jack Lambert was the most complete middle linebacker ever to play. » (Jack Lambert est le Middle Linebacker le plus complet à avoir joué.) Jack Ham, admiratif.


-« He had no teeth, and he was slobbering all over himself. I’m thinking, ‘You can have your money back, just get me out of here. Let me go be an accountant. » I can’t tell you how badly I wanted out of there. » (Il n’avait pas de dents, et il bavait partout sur lui. Je me suis dit : « Je veux bien vous rendre votre argent, mais sortez-moi d’ici. Laissez-moi être comptable. » Je ne peux pas vous dire à quel point je voulais sortir du terrain.) Le QB Rookie de Denver John Elway, juste après que Lambert ne l’ait assommé et obligé à quitter le terrain lors de son premier match pro en 1983.


samedi 26 mars 2011

NFL Book: Le Fog Bowl, un match très particulier

Continuons à piger dans le tiroir aux souvenirs avec cet article de notre ami français Domanick43 portant sur un match épique des années 80...

Ce 31 décembre 1988, le public du Soldier Field et les téléspectateurs de CBS ont du se sentir un peu lésés. Non pas que le spectacle n’ait pas été au rendez-vous, loin de là, puisque ce match est présenté par les observateurs comme LE choc de la semaine, mais plutôt car la fin n’était pas celle escomptée. La faute à qui ? Au brouillard et à une décision peut-être obligatoire, mais pourtant frustrante…

En effet, cette belle affiche voit s’opposer deux mastodontes dans cette finale de Division: les Bears de Mike Ditka et les Eagles de Buddy Ryan, deux Coaches mythiques des années 80. Avec son bilan de 12-4 et l’avantage de recevoir – les Eagles n’ont jamais battu les Bears au Soldier Field – les Bears partent bien entendu favoris, même s’ils doivent se méfier des Aigles et leur fiche de 10-6, durement acquise aux dépends des New York Giants. De plus, le public va voir évoluer un parterre de stars : « Samouraï » Mike Singletary, Dan Hampton et Jimbo Covert pour Chicago, Randall Cunningham, Reggie White et Eric Allen pour Philadelphie.

Chicago ouvre les hostilités en marquant en premier, le Quarterback Mike Tomczak se connectant avec le WR Dennis McKinnon pour un TD de 64 verges. De son côté, Philadelphie tente de rester à flots, mais l’opération ne se passe pas sans erreurs. C’est tout d’abord le Kicker Luis Zendejas qui manque un Field Goal de 43 verges après un bon Drive de Randall Cunningham. Fort heureusement, le Linebacker Seth Joyner intercepte une passe de Mike Tomczak et permet aux Aigles de reprendre la gonfle (NDLR: de la gonfle, he he) et d’inscrire ses premiers points sur un FG de 42 verges. Mais voilà, c’est aussi le match des occasions perdues pour Phila qui réussit avant cela à franchir par 2 fois la ligne deux buts… mais qui par deux fois verra son TD annulé en raison de pénalités mal venues mais a priori incontestables.


Au début du deuxième quart, nous en sommes à 7-6 pour les Bears. A ce moment, un léger brouillard commence à faire son apparition à l’intérieur même du Soldier Field. Il reste relativement épars et le match peut se poursuivre tout à fait normalement. Neal Anderson ajoute d’ailleurs un autre TD sur une course de 4 verges après un bon drive de Tomczak et le match est assez plaisant à suivre. Après un coup de pied réussi par chaque équipe, le score est de 17-9 à la mi-temps
.
Cependant, au retour des vestiaires, la situation a considérablement évolué. Comme dans le film de John Carpenter, « The Fog » – un brouillard dense et impénétrable – est désormais tombé d’un seul coup sur la ville, et bien entendu sur la pelouse. Il s’agit apparemment d’un phénomène météorologique rare et quasi inexplicable. Quoi qu’il en soit, au bout de quelques minutes de jeu, plusieurs joueurs viennent se plaindre à l’arbitre lui expliquant qu’ils ne peuvent même plus voir la Sideline ou le First Down Marker, un désagrément de taille dans un match d’une telle importance. Les joueurs les plus touchés sont bien sûr le QB qui ne peut quasiment plus distinguer ses cibles et les receveurs, pour qui il est encore plus difficile de voir le ballon partir des mains de leur maître à jouer. Les passes longues sont donc très compliquées à compléter…


Pourtant, durant la deuxième mi-temps, Randall Cunnigham continue à jouer par la voie des airs, tandis que les Bears s’appuient eux presque uniquement sur leur jeu de course emmené par Neal Anderson et Thomas Sanders. Néanmoins, aucune des deux équipes n’est capable de faire avancer correctement le ballon et elles doivent d’ailleurs se contenter d’un FG chacun durant cette deuxième mi-temps. Les conditions climatiques sont si dantesques que l’arbitre principal, Jim Tunney, se voit ans l’obligation d’annoncer le Down et la distance à parcourir avant chaque snap. Les fans et les commentateurs télé et radio n’y voient goutte et ne sont pas sûrs de leurs annonces, les joueurs se révélant être de simples ombres… On peut donc entendre des phrases du genre : « The ball is… intercepted I believe ! I can’t see it !».
Dans le courant du dernier quart-temps, et devant la situation, l’arbitre principal se voit dans l’obligation d’arrêter purement et simplement le match. Interrogé sur le sujet, il dira y avoir été contraint car les officiels n’y voyaient strictement plus rien, ni les joueurs, ni le ballon, ni le marquage au sol. A l’arrivée, c’est donc un score final de 20 à 12 qui qualifie les Bears pour le tour suivant.

De leur côté, malgré les conditions, les Eagles ont vraiment l’impression d’avoir été volés – ou du moins maudits – puisque, brouillard ou pas, ils avaient encore une occasion de revenir au score ! Terry Bradshaw, qui commentait le match pour la télévision aux côtés de Verne Lundquist, dira après le match qu’il a ressenti ce jour là la plus grande frustration de sa carrière. Une frustration encore plus forte que lorsqu’il était joueur…

Malgré tout, Randall Cunnigham finira tout de même le match avec 407 verges à la passe, ce qui est assez remarquable compte tenu des conditions, mais se fera également intercepter à 3 reprises, tout comme Mike Tomczak qui concédera lui aussi 3 interceptions à la défense adverse. Mais qui pourrait les en blâmer dans une telle purée de pois ? Quoi qu’il en soit, et malgré le côté épique de la rencontre, il reste encore aujourd’hui un énorme sentiment de déception et d’injustice, car les Eagles avaient cette année-là une équipe capable de sortir d’une plus belle façon…



dimanche 18 juillet 2010

Blogueur invité: Everson Walls et Ron Springs, une extraordinaire histoire d’amitié

Il y a parfois de belles histoires dans la NFL. De celles qui se passent loin des terrains, et qui sont plus des leçons de vie que de vulgaires anecdotes extra-sportives. Notre ami Domanick de NFL Book nous en raconte une aujourd'hui...

Cette histoire est une sorte de «conte moderne» qui prend sa source au Texas, au début des années 80, dans l’équipe des Cowboys de Dallas. A cette époque là, les Boys du mythique Coach Tom Landry sont une des grosses écuries de la NFL, et une équipe très crainte. Les Cowboys comptent sur plusieurs stars comme les Defensive Linemen Ed «Too Tall» Jones et Randy White, le RB Tony Dorsett, ou encore le demi de coin Everson Walls. Entre 1981 et 1985, Walls est d’ailleurs au sommet de son art. Il domine la ligue pour les interceptions durant trois saisons (avec un record de 11 picks dès sa saison recrue), est élu 3 fois All Pro et 4 fois Pro Bowler. C’est également à cette époque qu’il va faire la connaissance de Ron Springs, fullback au sein de la formation, avec qui il va se lier d’amitié. Une relation qui grandit au fil des ans, les deux hommes ayant effectué plusieurs virées ensemble, dont une jusqu'à Orlando pour des vacances en famille. Tout va bien pour les deux hommes, qui s’apprécient autant sur le terrain qu’en dehors, et qui se définissent alors comme deux frères.

Sport professionnel oblige, les deux joueurs vont ensuite aller poursuivre leurs carrières respectives sous d’autres cieux, les Bucs pour Springs, les Giants et les Browns pour Walls, mais ils ne se perdront jamais de vue et garderont toujours un contact permanent et un lien très fort. Springs, qui prend sa retraite un peu plus tôt que son compère, est même là pour le voir disputer le SB XXV avec les Giants et effectuer un plaquage décisif sur Thurman Thomas, permettant aux siens de garder une longueur d’avance et de remporter le titre. «Cubby», le surnom de Walls, est donc récompensé d’une bague, et c’est bien entendu avec son ami Ron Springs qu’il partage ce moment. Un Ron Springs loin d’être jaloux, qui déclare même : "I was happy to see one of us finally win a Super Bowl". Cependant, la vie ne sera pas toujours aussi belle…


Alors qu’ils sont dans la quarantaine et qu’ils coulent désormais une retraite paisible, Springs développe une forme très violente de diabète qui s’attaque à toutes les parties de son corps. On doit alors l’amputer du pied droit et des orteils du pied gauche, ses reins pourrissent et la dégénérescence de ses muscles l’empêche de se servir correctement de ses mains. Il est donc condamné à vivre dans un fauteuil roulant et à subir trois dialyses par jour… Son fils, Shawn Springs, lui aussi joueur professionnel et CB des Redskins à l’époque (Walls lui a d’ailleurs appris toutes les ficelles de la position), se propose pour faire don de l’un de ses reins. Son père ne peut se résoudre à accepter l’offre et préfère se voir dépérir… Walls, très atteint moralement par la maladie de son «frère», va alors accepter de donner l’un de ses reins pour lui apporter une meilleure qualité de vie et lui éviter toutes ces dialyses. Une offre que Springs va cette fois-ci accepter et qui lui fera dire : «Cet homme là doit vraiment m’aimer pour prendre un tel risque !”. Walls répondra simplement: «Pour moi, l’amitié est inconditionnelle”.

Le don aura lieu en mars 2007. L’opération se passe bien, et elle permet très vite à Ron Springs de retrouver plusieurs de ses facultés, et de pouvoir se tenir debout sur de courtes périodes. Il est même capable, soutenu par Walls, de venir saluer la foule du Cowboys Stadium au début de la saison suivante, déclarant au passage que son ami vient en quelques sortes de lui «redonner la vie». Malheureusement, Ron Springs, décidément malchanceux, n’aura pas l’occasion de beaucoup goûter à cette nouvelle vie puisqu’il sombre dans le coma en octobre après avoir fait un arrêt cardiaque suite à une opération (ablation d’un kyste au coude) mal effectuée. L’avis des médecins est même très négatif puisqu’ils annoncent quelques temps après qu’il est condamné. Cela n’empêche pas sa famille et ses amis, dont bien sûr Everson Walls, d’y croire encore et de venir lui parler tous les jours à l’hôpital pour tenter de le faire sortir du coma… Springs et Walls auront donc été coéquipiers sur le terrain, dans la vie, et même au-delà. Une histoire certes triste, mais qui, si l’on dépasse le drame, donne tout de même envie de croire en l’homme, et quelque part, aux vertus du football…




lundi 24 mai 2010

Blogueur invité: Mes icônes NFL, John Randle

L'ami Domanick de NFL Book nous fait connaitre un des ses joueurs préférés, le grand defensive tackle John Randle.

Avec un peu de recul, il est incroyable de penser que John Randle ait réussi à se hisser au niveau d’excellence qu’il a atteint dans la NFL. Non pas qu’il ait manqué du talent nécessaire pour réaliser une grande carrière, loin de là, c’est plutôt que tous les éléments semblaient jouer en sa défaveur et l’amenaient doucement à un inévitable changement de voie… C’était un peu vite oublier le caractère de Randle, empreint de travail et d’acharnement, et le fait que le mot “résignation” ne faisait pas partie de son vocabulaire…

L’histoire semble bien mal engagée, puisqu’à sa sortie de la petite université de Division II Texas A&I, John Randle, malgré un titre de All-America en fin de cursus, semble être passé entre les mailles du filet de la détection. Il est décrit comme trop petit pour évoluer sur la D-line (1.86m pour 125 kg), et n’est même pas invité à participer au Combine. Son talent et ses capacités passent totalement inaperçus, tant et si bien que lors du repêchage 1990, il n’est retenu par aucune franchise… Il a alors 23 ans et va devoir prendre une rapide décision quant à son avenir.

Une décision qu’il prend après avoir été invité à un Workout chez les Vikings qui s’est plutôt bien passé. La franchise lui offre en effet un contrat afin de “faire le nombre”, certainement aussi car ils ont su juger le joueur sur ses facultés de développement. John Randle, qui tire sa force de son frère Ervin, un Linebacker polyvalent qui a livré 105 bons matchs en huit saisons aux Bucs et aux Chiefs, continue donc d’y croire et accepte l’offre. Il se met alors à travailler très dur, connaissant un excellent camp et des matchs de pre-season convaincants, à tel point qu’il participe aux 16 matchs de saison régulière dès sa première année, mais toujours en tant que remplaçant. Sa position n’est pas encore totalement définie, et il navigue entre les postes de Linebacker, Defensive End, et Defensive Tackle, selon les besoins du moment.


Dès sa deuxième saison, durant laquelle il débute cette fois 8 matchs, Randle passe au niveau supérieur et réussit 58 Tackles, 9.5 sacks et 2 Forced Fumbles en tant que LDE. Mais ses Coaches en sont désormais certains, c’est à la position de Defensive Tackle qu’il doit évoluer… Pour sa troisième saison, le joueur est aligné au poste de RDT et confirme tous les espoirs placés en lui avec 56 Tackles, 11.5 sacks et 1 FF. Il devient alors titulaire à part entière, et prend de plus en plus d’importance dans l’équipe. Il s’affirme, devient même l’un des “personnages” de la Franchise: il se peint les yeux en noir, hurle pour se donner du courage avant chaque rencontre, et pousse des cris terribles après chaque sack! John Randle developpe, comme le dit le commentateur Dan Dierdorf, une “controlled insanity” qui déroute les adversaires, et instille la peur avec son Trash Talking

Joueur accrocheur, plaqueur féroce, Randle apprivoise à la perfection son rôle de DT mobile et devient petit à petit l’un des joueurs les plus explosifs de sa génération en réussissant à allier puissance et vitesse. Il endosse également au passage le costume du meneur d’hommes dont la franchise avait besoin. Le public l’adore, et ses coéquipiers le suivent, d’autant que ses performances sur le terrain sont toujours excellentes. Randle poste plus de 10 sacks durant 8 saisons consécutives (leader de la NFL en 1995 avec 15.5 sacks), et change le visage de nombre de matchs grâce à des actions défensives de grande classe et à un Pass Rush de tous les instants. Une manière de jouer qui semblait faire partie intégrante du bonhomme, puisque des coéquipiers diront qu’il gardait cette saine agressivité dans son quotidien, et qu’il jouait avec la même intensité à l’entraînement, célébrant les “victoires” et les sacks en hurlant à la mort…


La légende veut qu’il ait même réussi à pousser des joueurs de renom, tels que Steve Young ou Brett Favre, à commettre des bévues de débutant après avoir fait des pitreries sous leur nez. Brett Favre, grand rival chez les Packers, était d’ailleurs la cible préférée de Randle et a été le quart le plus sacké par ce dernier. Favre dira même du Defensive Tackle qu’il était le joueur défensif le plus fort qu’il ait affronté, et qu’il était “unblockable” sur un terrain en gazon artificiel. John Randle réalise d’ailleurs son meilleur match contre les Packers en 1996, rencontre au sommet lors de laquelle il réussit 3.5 sacks et 2 FF sur le pauvre Favre et devient DP of The Week et DP of The Month. Une saine rivalité qui donnera lieu à l’une des publicités les plus drôles tournées par John Randle…

Après avoir marqué la franchise du Minnesota sans toutefois avoir pu y apporter un Super Bowl (ils osnt venus bien près en 1998), John Randle ira finir sa carrière aux Seahawks de Seattle, avec lesquels il continuera d’être performant puisqu’il y réussit encore 23.5 sacks en trois ans. Quoi qu’il en soit, l’histoire du joueur est une sacrée Success Story. Parti de pas grand-chose, il est devenu l’un des meilleurs Linemen de tous les temps, et même une légende aux multiples distinctions et à la ligne statistique extraordinaire : en 185 matchs, il réalise 471 Tackles et 85 Assists, 137.5 sacks (5ème meilleur total NFL et le meilleur pour un DT), 29 Forced Fumbles et 1 interception. 9 fois meilleur sacker des Vikings et 2 fois des Seahawks, il est élu 7 fois Pro Bowler et 6 fois All pro, fait partie de la 1990′s All Decade Team. Il efut intronisé au Temple de la Renommée en 2010. L’avenir nous dira si un autre Lineman saura redéfinir la position de Defensive Tackle comme a su le faire John Randle. Il apparaît néanmoins peu probable qu’un joueur soit à nouveau autant “underrated” qu’a pu l’être le mythique numéro 93.


Ses héritiers actuels :

Jay Ratliff, Kevin Williams ou encore Darnell Dockett semblent avoir le profil le plus proche. Bien que plus grands (tous plus d’1.95 m), ils se sont engouffrés à merveille dans la brèche créée par Randle, à savoir s’imposer comme des Defensive Tackles plus “maniables” et très bons Pass Rushers. Il convient toutefois de tempérer cette comparaison en faisant remarquer qu’il sont loin d’apporter la hargne et l’alchimie collective que pouvait fournir un “énergumène” comme John Randle, et que leur nombre de sacks est encore bien loin de rivaliser avec celui de leur aîné.

mercredi 12 mai 2010

Blogueur invité: La courte mais mémorable vie de la “46 Defense”

L'ami Domanick de NFL Book récidive avec un l'histoire de la défensive 46 des Bears, stratégie marquante des années 80.

Doug Plank est un nom relativement connu du microcosme de la NFL, ainsi que de tous ceux qui s’y intéressent de près ou de loin. Ce terrible Hard-Hitter, jamais avare d’un bon coup de casque, a évolué 8 années dans la grande ligue sans remporter de titre ni battre de record. Pourtant, il a marqué à jamais l’histoire de sa franchise, les Bears de Chicago, et sans doute celle de la NFL. Pourquoi ce joueur, dont le numéro n’a pas été retiré, est-il connu de tous ? Simple, son jersey, le 46, a donné son nom à l’une des formations défensives les plus connues des années 80, la “46 Formation”.

Le créateur de cette formation n’est autre que le coordonnateur défensif Buddy Ryan, qui débarque chez les Bears au début des années 80, avec déjà une très belle réputation. Il est en effet à la base du succès des Jets lors du SB III, durant lequel il a réussi à assommer l’attaque des Colts pour laisser les coudées franches à Joe Namath. Il a ensuite aidé les Vikings à mettre sur pied une fameuse défense connue sous le nom de “Purple People Eaters”. Un DC qui sait donc adapter ses schémas aux joueurs dont il dispose. Qu’allait-il bien pouvoir mettre sur pied avec la terrible armada des Bears ?

Une défense dont le credo est simple, voire simpliste : “Pressure win games”. Une pression de tous les instants, et des blitz continuels qui servent avant tout à stopper la course et à dégoûter le RB adverse, mais aussi à forcer les erreurs du QB et à dérouter les linemen offensifs sur leurs assignations de blocage. La défensive 46 fait son apparition sur les terrains.. Une appellation bien entendu dérivée de la très connue défense 43, mais qui tire avant tout son nom du joueur favori de Ryan, le Strong Safety Doug Plank, qui a essuyé les plâtres de cette défense. Ryan aimait avant tout le style de Plank (surnommé “Blondie” ou “Goldilocks” en raison de ses longues boucles blondes) : un abandon total à sa tâche défensive, donnant tout à tout moment.

Malheureusement pour Plank, cette formation très particulière n’est reconnue à sa juste valeur que bien après son départ, durant la saison 1985. Cette année-là les Bears doivent en grande partie à leur défense leur excellent bilan (15 victoires pour 1 défaite) et une victoire écrasante lors du SB XX (46-10 contre les Patriots). Il faut aussi préciser que les joueurs qui constituaient cette D étaient de terribles “enforcers”, parmi lesquels les remarquables “Samouraï” Mike Singletary, Richard Dent, Otis Wilson ou encore William “The Refrigerator” Perry, qui faisaient tous des merveilles dans une telle organisation. Mais quel est donc le secret de cette 46 ?


Comme sa consœur, la classique 43, la 46 est constituée de 4 Linemen, 3 Linebackers, 2 Cornerbacks et 2 Safeties. La grosse différence tient dans la position du Strong Safety, celle occupée par Plank aux débuts de cette formation. En effet, celui-ci peut s’aligner également sur la ligne de mêlée ou alors “in the box”, au lieu de se positionner à 15 verges du ballon comme à l’habitude. La 46 élève en fait la défense classique à son paroxysme, mettant une pression constante sur la ligne d'engagement. L’attaque adverse se voit par conséquent dans l’incapacité de faire avancer le cuir, et le QB est poussé à lancer très vite, avec très peu de temps pour prendre une bonne décision. Le SS doit donc être très efficace contre la course lui aussi, cette 46 étant en réalité un défi lancé à l’attaque adverse : Nous sommes huit, serez-vous capables de franchir notre rideau?

Un rideau dont le “Front 4″ – qui n’en est pas réellement un – est composé d’un Nose Tackle, de deux Defensive End, et d’un Rush End. Ce dernier se positionne assez loin du Tackle adverse et pratique un Pass Rush forcené à chaque action, comme ses trois coéquipiers. Mais la 46 ne s’arrête pas là et ajoute deux joueurs sur la ligne de mêlée. En effet, les 2 OLB, dont l’un est renommé “Jack linebacker”, s’alignent comme le cinquième et le sixième linemen, sur le côté fort, formant ainsi une sorte de “Front 6″. Le MLB et le SS se positionnent dans la boite, et le SS devient le quatrième LB. Mais le plus ahurissant de cette formation tient en ce que l’équipe adverse ne sait jamais lequel de ces huit joueurs va participer au Pass Rush, avec la certitude qu’il y en aua au minimum cinq. Un alignement qui, comme dit précédemment, intimide le coureur adverse et pousse donc l’attaque adverse à lancer la balle.


L’une des histoires les plus incroyables à propos de cette défense se joue le 12 Janvier 1986 au cours du match de championnat de la NFC. Le RB des Rams, Erick Dickerson, qui vient de se mettre en position pour un jeu au sol sur un 1e jeu, voit les Bears s’aligner en 46, et huit joueurs prêts à le stopper. Il se tourne alors vers son QB, Dieter Brock, afin de lui souffler : “You are going to audible, aren’t you?”. Dickerson ne se voyait même pas tenter une percée dans ce mur bleu…

Il y a bien entendu un revers à la médaille… Cette défense, qui s’avère extrêmement efficace avec l’effectif adéquat, des Linebackers agressifs, rapides et très bons plaqueurs, peut également faire donner de longs gains voire faire prendre à l’équipe un paquet de touchés sur des passes longues, si le groupe de secondeurs n’est pas assez puissant. Mais il y a pire: la tertiaire! Les demis défensifs ont en effet un rôle assez simple et unidimensionnel. Les Cornerbacks font un homme-à-homme avec du bump’n'run à chaque action. Ils ne doivent bien entendu pas lâcher les receveurs adverses d’une semelle, et il est donc beaucoup mieux pour l’équipe de posséder deux “Shutdown Cornerbacks”. Le Free Safety a quant à lui la charge de jouer profonfémentet de “se promener” dans le centre profond du terrain. Une tertiaire allégée qui est donc le gros point faible de cette défense, puisqu’elle est sans arrêt pilonnée par les bombes adverses. Un talon d’Achille qui causa d’ailleurs la perte de la 46…

Les grosses cylindrées adverses possédant de bonnes attaques et de bons QB’s ne mettent pas beaucoup de temps à s’adapter à cette défense et à la faire mourir à coup de bombes, mais aussi de passes courtes. Les Niners, et la West Coast Offense de Bill Walsh, ont par exemple causé un tort terrible à la défense des Bears, comme toutes les autres attaques verticales de la ligue. Les bons coordinateurs offensifs ont très vite compris que la 46 laissait des boulevards aux WR adverses, les CB n’ayant quasiment aucune aide des Safeties.

Les Bears se rendront rapidement compte que, passé l’effet de surprise, leur stratégie ne fonctionne en saison régulière que contre les petites équipes, et qu’elle a de trop grosses lacunes en playoffs contre les favoris, comme le montre leur cuisante défaite 28-3 contre les 49ers de Joe Montana et Jerry Rice en 1988. Ils l’utiliseront dans un premier temps moins régulièrement, puis, après le départ de certains cadres, finiront par complétement abandonner l’idée.

A l’heure actuelle, la 46 est en voie d’extinction. Seul le Coach Rex Ryan, le fils du grand Buddy, a tenté de ressusciter la défense de son père avec une nouvelle approche chez les Ravens et continue avec les Jets (avec l’aide de Doug Plank), sans cependant plus de succès. Une chose est sûre: même si elle n’appartient plus au présent, il est clair que la 46 appartient pour toujours à l’histoire !