mardi 5 février 2008

Retour sur la supériorité « unique » des Patriots en 2007


Les fans des Patriots doivent chercher un sens à leur vie depuis la stupéfiante défaite de dimanche. Ils ne sont pas habitués à se faire battre par un négligé, à se faire avoir à leur propre jeu, à ne pas voir la balloune leur rebondir direct dans les mains à chaque fumble, à se faire scorer à la fin d’un match serré alors qu’ils pensaient avoir planté le dernier clou dans l'sundae de leur victoire. You poor, poor Brady bitches...

C’est particulièrement plaisant de baver tous ces Massholes après toutes les câlisses de victoires qu’ils ont eu à l’arraché contre des équipes supérieures à eux au fil des ans depuis 2001. Mais la douleur d’une telle défaite est quand même réelle et pas mal plate pour eux. Ils ressentent un cocktail d’émotions qui va ruiner leur quotidien encore au moins quelques jours. La déception d’être passé si proche d’une saison parfaite. La colère de ne pas avoir pu voir à l’œuvre au Super Bowl leurs fiers, destructeurs et conquérants Patriots qu’ils ont vus toute la saison. La perplexité face à l’inefficacité soudaine de la meilleure ligne offensive de la ligue. Les tentatives de consolation par scénarios hypothétiques différents : « Ouin mais si Asante Samuel avait pogné la passe hors cible d’Eli au 4e quart, les Pats auraient gagné. » Le découragement face à ce qui doit être accompli pour avoir une seconde chance pour une saison parfaite. La tristesse pour les plus fifs d’entre eux.

Mais ils ne sont pas les seuls, à leur grand étonnement. On oublie rapidement quelques autres splendides équipes offensives qui ont eu des chances similaires dans la dernière décennie et qui n’ont pas su closer.

Les Vikings de 1998 ont fini avec une fiche de 15-1 avec une toute petite défaite par 3 points contre les Bucs à Tampa Bay en milieu de saison et une attaque dominante qui avait battu le record de points marqués des Redskins en une saison. Ils se dirigeaient tout droit vers un Super Bowl rêvé contre les tout aussi puissants Broncos (14-2) mais ont vu leurs chances s’évanouir dans la finale de la NFC contre les Falcons alors que leur botteur Gary Anderson, qui n’avait pas manqué un kick de la saison, a raté un placement très faisable (dans un dôme en plus) à la fin du 4e quart et ils ont perdu en overtime par un placement. Ils ne jouaient évidemment pas pour une saison parfaite mais les Vikings n’avaient JAMAIS gagné le Super Bowl en 4 apparitions avant ça. Une fin comme ça, ça démolit en osti.

Les Colts de 2005 ont commencé la saison avec 13 victoires convaincantes de suite, y compris une de 40-21 contre les Pats à Foxboro. Tout allait pour le mieux, Peyton Manning établissait plein de nouveaux records par la passe et on parlait ici aussi d’une saison parfaite. Ils ont trébuché contre la défensive aggressive des Chargers à leur 14e match et ont reposé leurs joueurs partants par la suite pour être en forme pour les playoffs. La saison parfaite n’était plus en jeu et les fans s’en crissaient pas mal, ils voulaient juste que les Colts gagnent leur premier Super Bowl à Indianapolis. Manning, qui avait déjà raté quelques bonnes occasions de se rendre à son premier Super Bowl les saisons précédentes, avait enfin l’équipe adéquate pour battre n’importe qui. Pourtant, les Steelers sont allés les battre 21-18 de façon complètement loufoque au RCA Dome en utilisant une défensive 3-4 aggressive (comme les Chargers) et en ayant les dieux du football de leur bord (Immaculate Tackle). L’étiquette de chokeux de Manning se solidifiait davantage.

D’aucuns diront que les Pats étaient plus dominants cette année que les Colts l’étaient en 2005 puisqu’ils n’avaient pas perdu, donc c’est encore plus frustrant de perdre de cette façon contre les Giants. Pas d’accord. Les Colts ont vraiment torché tout le monde en 2005, ils en ont juste échappé une contre une équipe qui était plus aggressive défensivement. C’est alors qu’ils ont arrêté de jouer pour la saison parfaite mais le Super Bowl était tout aussi désiré par la suite. Les Pats auraient pu facilement perdre trois matchs cette saison. Contre les Colts (si Reggie Wayne avait pogné la longue passe qu’il avait dans les mains alors qu’ils menaient 20-10 au 4e quart), contre les Eagles (si Andy Reid avait choisi de courir avec le ballon à la toute fin pour écouler le temps au lieu de faire lancer AJ Feeley n’importe où) et contre les Ravens (raisons multiples, voir vidéo). Sur papier, donc, les Pats étaient toujours parfaits lors de la finale mais côté pratique, leurs faiblesses avaient été exposées par les Colts, les Eagles et surtout les Ravens. Les Giants ont mis de la pression sur Brady avec des blitz packages fuckés comme les Eagles et les Ravens avaient fait. Et ç’a fonctionné, de la même façon que ç’avait fonctionné pour les Steelers qui avaient battu les Colts de 2005 en exploitant leurs faiblesses exposées plus tôt en saison contre les Chargers.

La domination des Pats cette saison a été énormément gonflée par le fait qu’ils boostaient leurs stats contre des équipes déjà au tapis. D’une part pour faire chier la NFL suite au Spygate (situation qui n’est toujours pas éclaircie) et d’autre part pour battre des records individuels. Ça servait à quoi de faire un touché à 19 secondes de la fin du match contre les Cowboys alors qu’ils menaient 41-27 et que les Cowboys n’avaient plus de timeout? Ça servait à quoi de laisser Brady sur le terrain au 4e quart avec 40+ points d’avance contre les Bills et les Redskins pour qu’il gunslinge encore des bombes à Moss pour booster leurs stats? Une blessure est vite arrivée et un linebacker frustré aurait très bien pu viser les rotules à Brady en fin de match.

Tout ça pour des stats. Stats impressionnantes pour Brady et Moss, certes, mais on oublie trop facilement que Peyton Manning avait eu 49 passes de touché en 2005 avec 81 passes lancées de moins que Brady et en ayant été benché pendant le 4e quart lors d’au moins 5 victoires où ils avaient une très confortable avance, en plus des deux derniers matchs où il a fait un ou deux drives en début de match et laissait sa place à Jim Sorgi par la suite. En plus, les Colts ne faisaient pas que passer comme les Pats. Edgerrin James avait fini la saison avec 1506 verges et 13 touchés comparé à Laurence Maroney qui a fini avec 835 verges et 6 touchés. Quant à Randy Moss, il a eu 23 touchés en 16 matchs pour battre le record de Jerry Rice qui, en 1987, avait eu 22 touchés en seulement 12 matchs. Il n’y avait eu que 15 matchs cette saison-là à cause de la grève, dont 3 joués par des scabs.

Les Pats ont été forts cette année, mais ceux qui clamaient haut et fort avant le Super Bowl qu’ils sont les meilleurs de tous les temps et qu’ils n'auraient fait qu'une bouchée des Bears de 1985 ou des Niners de 1984 et 1989 doivent maintenant fermer leur gueule à tout jamais. No 19-0 yet.

Merci, Giants.

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